Projet d’appui à la société civile : le PTBA 2026 validé lors de la deuxième réunion du Comité de pilotage

     

    Kinshasa, 12 février 2026 – Le Secrétariat Général à l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD‑NEC) a tenu, ce jeudi, la deuxième réunion du Comité de Pilotage (COPIL) du projet « Appui de la société civile pour le suivi décentralisé des projets et programmes REDD+ en RDC (SC‑REDD) ». Le Fonds National REDD+ (FONAREDD) y a participé en tant que membre votant et bailleur principal du projet.

    Au cours de la réunion, les membres du Comité de Pilotage ont examiné plusieurs points essentiels, notamment le suivi des recommandations issues du premier COPIL, la présentation des réalisations de l’année 2025, ainsi que l’exécution budgétaire et le rapport technique y afférent. Ils ont également passé en revue la présentation du PTBA 2026 en vue de sa validation, les différents arrangements institutionnels et opérationnels, la stratégie de communication et de suivi‑évaluation, avant de procéder à la fixation de la date de la prochaine réunion du COPIL

     

    À l’issue des échanges, le COPIL a officiellement validé le PTBA 2026, consolidant ainsi la planification opérationnelle du projet pour l’année. Cette validation marque une étape déterminante pour garantir une mise en œuvre structurée, conforme aux priorités nationales et alignée sur les exigences de gouvernance REDD+.

     

     

    Intervenant au nom du Fonds, M. Bavon N’Sa Mputu Elima, Secrétaire Exécutif National du FONAREDD, a déclaré :

     

    « La validation du PTBA 2026 constitue une étape déterminante pour garantir une mise en œuvre structurée et transparente du projet. Il est important d’accélérer les activités prévues, de renforcer les capacités des acteurs et d’assurer la cohérence des indicateurs afin que les financements mobilisés produisent des résultats concrets et crédibles au bénéfice des communautés. Le FONAREDD demeurera engagé pour accompagner ce processus. »

     

    M. Bavon N’Sa Mputu Elima, Secrétaire Exécutif National du FONAREDD

     

    Pour rappel, ce projet financé par le FONAREDD sur fonds CAFI vise à renforcer la gouvernance et les opérations internes du GTCR‑R, à accroître l’influence de la société civile dans les processus REDD+ aux niveaux national, provincial et local, et à contribuer à une mise en œuvre plus efficace, équitable et informée des initiatives REDD+ en République Démocratique du Congo. Ces objectifs constituent le socle du dispositif national d’appui à la société civile dans la gouvernance REDD+, en consolidant son rôle dans la transparence, le suivi et la redevabilité des actions menées dans le cadre de la REDD+

     

    La date de la prochaine réunion du Comité de pilotage sera communiquée ultérieurement par le Secrétariat Général à l’Environnement, conformément aux procédures établies.

     

    Institutionnalisation du FONAREDD : une retraite décisive pour la gouvernance climatique en RDC

     

    Du 4 au 6 février 2026, une retraite technique de haut niveau s’est tenue à Kinshasa afin de finaliser le projet du texte règlementaire portant institutionnalisation du Fonds National REDD (FONAREDD). Cette rencontre stratégique a réuni le Ministère des Finances, le Ministère de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du climat ainsi que le Secrétariat Exécutif du FONAREDD.

     

    L’initiative s’inscrit dans la dynamique de renforcement du cadre institutionnel national de gestion des financements climatiques, ceci en réponse aux orientations stratégiques du Comité de Pilotage Politique tenu en novembre 2024 en rapport avec l’institutionnalisation du FONAREDD.

     

    En effet, depuis sa création en 2013, le FONAREDD joue un rôle central dans la mobilisation des ressources destinées à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale REDD+. Cependant, son fonctionnement reposait jusque-là sur des mécanismes intérimaires reposant sur des arrangements institutionnels convenus entre le Gouvernement et son partenaire de financement CAFI.

     

     

    Ces travaux ont été menés suivant les instructions conjointes des deux ministres de tutelle financière et technique, dans un esprit de collaboration étroite.

     

    Objectifs de la retraite

     

    La rencontre visait à atteindre les objectifs suivants :

    – Finaliser et valider techniquement le projet de texte règlementaire, instituant officiellement le FONAREDD, et ce, de manière contradictoire entre les parties ;

    -Examiner et harmoniser le contenu du texte réglementaire proposé ;

    -Clarifier les missions, les attributions et le mode de fonctionnement du Fonds ;

    -Définir les mécanismes de gouvernance et de coordination institutionnelle ;

    -S’assurer de la conformité du texte avec les lois nationales et les engagements internationaux de la RDC ;

    -Produire une version définitive du projet texte règlementaire prête à être soumise à la signature des deux Ministres.

     

    Des résultats concrets et déterminants

     

    Au terme de trois jours de travaux intensifs, les équipes techniques ont pleinement atteint les résultats attendus. Le projet texte règlementaire a été finalisé et consolidé. Ce texte constitue désormais un cadre juridique complet qui définit clairement le statut du FONAREDD, ses missions, son organisation, ses organes de gouvernance ainsi que ses mécanismes de gestion administrative et financière.

     

    La version issue de la retraite consacre notamment le FONAREDD comme une structure nationale placée sous l’autorité du Ministère des Finances, avec une forte implication technique du Ministère de l’Environnement. Elle précise le rôle du Comité de Pilotage, du Comité de Revue des Programmes et du Secrétariat Exécutif, garantissant ainsi une gouvernance transparente et efficace des financements climatiques.

     

    À ce stade, le travail technique est entièrement achevé. La dernière étape du processus reste la signature formelle de texte règlementaire par les deux Ministres concernés, ce qui permettra l’entrée en vigueur officielle du nouveau dispositif.

     

    Une avancée majeure pour le secteur climatique

     

    La réussite de cette retraite constitue une étape importante dans la structuration de la politique climatique en République Démocratique du Congo. Elle confirme la prise de conscience croissante que le changement climatique ne peut être traité de manière isolée, mais nécessite une approche transversale impliquant plusieurs secteurs de l’action publique.

     

    Le Ministère de l’Environnement a joué un rôle moteur dans ce processus, en comprenant très tôt que la mobilisation des financements climatiques exigeait une collaboration étroite avec le Ministère des Finances. Cette coopération exemplaire traduit une vision partagée : pour réussir la transition écologique et protéger durablement les forêts du Bassin du Congo, il faut une synergie forte entre politiques environnementales et mécanismes financiers.

     

    Cette dynamique renforce également la crédibilité de la RDC auprès de ses partenaires techniques et financiers, notamment dans le cadre du partenariat avec l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI), qui constitue l’un des principaux mécanismes d’appui à la stratégie REDD+ nationale.

     

    L’aboutissement de cette retraite ouvre des perspectives prometteuses pour la suite du processus. La signature prochaine du texte règlementaire permettra d’ancrer définitivement le FONAREDD dans l’architecture institutionnelle nationale. Une fois institutionnalisé, le Fonds disposera d’un cadre juridique clair pour renforcer la transparence, la coordination et l’efficacité dans la gestion des financements climatiques.

     

    Cette avancée facilitera également la mobilisation de nouvelles ressources internationales, l’amélioration du suivi des programmes REDD+, ainsi que l’accélération de la mise en œuvre des réformes prévues par la Stratégie Nationale REDD+. À moyen terme, le FONAREDD sera mieux outillé pour accompagner les politiques publiques en faveur de la protection des forêts, de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et du développement durable.

     

    La retraite de finalisation du projet texte règlementaire marque un tournant décisif dans la gouvernance climatique en République Démocratique du Congo. Elle témoigne de la volonté du Gouvernement de doter le pays d’Institutions fortes et efficaces pour relever les défis environnementaux actuels.

     

    En conjuguant leurs efforts, le Ministère des Finances, le Ministère de l’Environnement et le FONAREDD ont franchi une étape essentielle vers une gestion moderne et structurée des financements climatiques. Une fois le texte signé, la RDC disposera d’un outil institutionnel renforcé pour poursuivre ses ambitions en matière de lutte contre le changement climatique et de préservation de son patrimoine forestier.

     

    Kwilu : Palmier à huile et Alliances productives - un modèle Agricole Structuré à consolider

     

    Dans la province du Kwilu, l’agriculture familiale fait face à des défis majeurs : appauvrissement des sols, baisse des rendements vivriers et éloignement progressif des zones de culture. Pour répondre à ces difficultés, le Programme d’appui à la valorisation des forêts et savanes dégradées (PSFD), financé par le FONAREDD sur allocation CAFI et mis en œuvre par l’AFD, a choisi d’appuyer un modèle de production centré sur le palmier à huile, encadré par l’approche des Alliances productives.

     

    Souvent qualifié d’« agroforesterie », ce dispositif correspond en réalité à un système technique plus précis : l’installation progressive de plantations pérennes de palmier à huile, accompagnées durant leurs premières années par des cultures vivrières intercalaires.

     

    Un système dont l’objectif central est la palmeraie

     

     

     

    « Notre priorité, ce n’est pas de maintenir durablement des cultures sous les arbres, mais de réussir l’installation des palmiers », explique l’ingénieur Jean Fernand Mbata Koko, responsable agroéconomiste au sein du PSFD. « Les cultures intercalaires servent surtout à accompagner les producteurs pendant la phase juvénile des palmiers, le temps que ceux-ci atteignent leur maturité. »

     

    Les plantations sont établies selon des normes techniques précises : les palmiers sont plantés à des écartements de 9 mètres sur 7,80 mètres, soit une densité de 143 pieds par hectare. Pendant environ deux ans, cet espacement permet l’introduction de cultures vivrières entre les lignes.

     

     

    Dans ces interlignes, les producteurs cultivent principalement l’arachide, le maïs et le niébé. « Ces cultures nous aident à vivre en attendant que les palmiers commencent à produire », témoigne Madame Ema MUMBELU , productrice à Kikondi. « Nous semons le maïs ou l’arachide, nous vendons une partie, et cela soutient nos familles pendant que nos palmiers grandissent. »

     

    Certaines pratiques sont cependant strictement encadrées. « Le manioc est interdit dans les interlignes, car il épuise fortement le sol et freine la croissance des jeunes palmiers », précise un technicien de terrain. « Nous encourageons uniquement les cultures qui améliorent ou préservent la fertilité. »

     

    Après deux ans en moyenne, l’ombrage des palmiers devient trop important pour permettre la poursuite des cultures vivrières. Le système évolue alors progressivement vers une plantation pérenne spécialisée.

     

    Valoriser les déchets de l’usine pour nourrir les sols

     

     

    Un des aspects techniques les plus innovants du modèle réside dans l’intégration des sous-produits issus de l’usine de transformation de l’huile de palme.

     

     

    «  Nous ne jetons presque rien », explique le gérant de l’usine PREVAC/APM, Jean Pierre Masukesa Kilundu. « Les rafles, les fibres et les effluents sont récupérés et réutilisés pour fertiliser les pépinières et enrichir les parcelles des producteurs. »

     

    Cette pratique permet d’améliorer la qualité des plants, d’apporter de la matière organique aux sols et de réduire les coûts liés aux engrais chimiques. Selon l’agroéconomiste du programme, « l’utilisation de ces déchets industriels transforme un problème environnemental potentiel en une véritable ressource agronomique. Elle profite à la fois aux palmiers et aux cultures intercalaires pendant les premières années. »

     

    Toutefois, l’efficacité réelle de ces apports reste encore peu documentée. Des analyses régulières de sols et un suivi agronomique plus systématique permettraient de mieux mesurer leur impact sur la fertilité à long terme.

     

    Les Alliances productives : sécuriser l’économie du modèle

     

     La dimension organisationnelle est au cœur du dispositif. « Avant, les producteurs étaient dispersés et l’usine manquait de matières premières », reconnaît le directeur de PREVAC/APM. « Grâce aux alliances productives, nous avons pu distribuer des plants, regrouper les producteurs et planifier l’approvisionnement futur. »

     

    Le principe est simple : les producteurs reçoivent un appui technique, des intrants et un encadrement rapproché ; en contrepartie, l’opérateur économique s’engage à acheter leur production dans un cadre contractuel.

     

    Pour l’ingénieur Mbata Koko, « l’alliance productive permet d’aligner tous les maillons : le conseil améliore les pratiques, le contrat sécurise les débouchés, et le suivi géoréférencé garantit une meilleure traçabilité des parcelles. »

    Des réalisations visibles mais des impacts encore à démontrer

     

     

    Au Kwilu, le programme affiche à ce jour :

     

    • 54 alliances productives mises en place,
    • 3 515 hectares de nouvelles plantations géoréférencées,
    • 3 571 bénéficiaires, dont 1 023 femmes.
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    Ces données témoignent d’une dynamique réelle. « Nous voyons déjà le changement », affirme Maman Ema. « Avant, nous devions aller très loin pour cultiver. Aujourd’hui, nous travaillons près du village et nous préparons l’avenir avec nos palmiers. »

     

    Néanmoins, ces chiffres reflètent surtout des réalisations physiques. Les impacts économiques et environnementaux restent encore peu documentés. Plusieurs questions demeurent ouvertes :

     

    • -Quelle est l’évolution réelle des revenus des ménages après l’arrêt des cultures intercalaires ?
    • -Les apports de déchets d’usine améliorent-ils durablement la fertilité des sols ?
    • -Les plantations permettent-elles effectivement de réduire l’ouverture de nouveaux fronts agricoles ?
    • -Comment se comparent les performances des zones appuyées avec celles des zones non appuyées ?

     

    Dans la poursuite du processus de mise en œuvre des activités, le programme prévoit de conduire un ensemble d’études structurées et de mettre en place des indicateurs mesurables permettant de répondre de manière rigoureuse aux questions clés relatives aux impacts socio-économiques et environnementaux du dispositif.

     

    Un dispositif de suivi‑évaluation renforcé sera progressivement opérationnalisé afin de documenter les résultats de manière comparative, d’alimenter la prise de décision et d’assurer une lecture plus fine des effets réels du programme dans les zones d’intervention.

     

    Limites et risques à prendre en compte

     

    Les acteurs eux-mêmes reconnaissent certains défis. « Une plantation de palmier, c’est un engagement sur le long terme », rappelle l’ingénieur du PSFD. « Si l’accompagnement technique s’arrête trop tôt, beaucoup de producteurs peuvent se décourager. »

     

    Plusieurs risques doivent être considérés :

     

    -Dépendance économique : la spécialisation autour d’un seul produit expose les ménages aux fluctuations des prix de l’huile de palme.

    -Réduction progressive des cultures vivrières : après deux ans, les interlignes disparaissent, ce qui peut fragiliser la sécurité alimentaire locale.

    -Exigences techniques élevées : entretien, fertilisation et gestion des parcelles demandent un suivi durable.

    -Impact environnemental incertain : sans contrôle rigoureux, l’extension des palmeraies pourrait encourager de nouveaux défrichements.

     

    Comme le souligne le directeur d’usine, « quand une filière se développe, tout un territoire se met en mouvement. Mais ce mouvement doit être bien encadré pour rester bénéfique à long terme. »

     

    Un modèle prometteur, mais à évaluer dans la durée

     

     

     

    Le système développé au Kwilu doit être décrit avec précision : il s’agit avant tout d’un modèle de plantations de palmier à huile avec cultures intercalaires temporaires, soutenu par des alliances productives et par la valorisation locale des déchets industriels.

     

    Cette approche apporte des réponses concrètes à plusieurs problèmes : restauration progressive des sols, opportunités de revenus, structuration des filières et meilleure intégration des producteurs au marché.

     

    Cependant, comme le résume l’agroéconomiste du programme, « nous avons posé des bases solides, mais le véritable test viendra dans quelques années, quand les palmiers seront en pleine production. »

     

    Pour confirmer son potentiel, le modèle devra désormais s’appuyer sur :

     

    -Un suivi d’impact rigoureux,

    -Des comparaisons avec des zones non appuyées,

    -Des données environnementales plus précises,

    -Et un accompagnement durable des producteurs au-delà de la phase d’installation.

     

    C’est à ces conditions que cette stratégie pourra devenir un véritable levier de développement rural durable pour la province du Kwilu.

    RDC : Les travaux techniques préparatoires pour la révision du NERF se sont tenus à Kinshasa

     

     

    Un atelier stratégique organisé à Kinshasa

     

    Un atelier technique stratégique consacré à la révision du Niveau d’Émissions de Référence des Forêts (NERF/NRF) s’est tenu le 27 janvier 2026 à Kinshasa, à l’initiative du Ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat (MED‑NEC). Cette rencontre marque le début formel d’un processus national majeur qui aura des implications méthodologiques, financières et politiques pour la mise en œuvre du dispositif REDD+.

     

     

     

     

    Un chantier technique à fort enjeu climatique et financier

     

    Le NERF constitue la base de calcul des réductions d’émissions forestières reconnues à l’échelle internationale. Il conditionne notamment l’accès aux paiements basés sur les résultats REDD+. Sa révision dépasse donc un simple ajustement technique : elle engage la crédibilité du pays, la qualité de ses données forestières et sa capacité à mobiliser des financements carbone. L’atelier a réuni une cinquantaine de participants issus de la DIAF, de la DDD, du Secrétariat Général à l’Environnement ainsi que de plusieurs partenaires techniques et financiers, avec une forte implication des experts nationaux.

     

    Objectifs et enjeux du processus de révision

     

    L’objectif principal de l’atelier était de lancer les travaux préparatoires à la révision du NERF. Les échanges se sont appuyés sur les premières analyses du Système National de Surveillance des Forêts (SNSF), de l’Inventaire Forestier National et des initiatives REDD+ existantes. Il s’agissait d’identifier les besoins techniques, les données nécessaires et les approches méthodologiques appropriées pour mener à bien cette révision. La rencontre visait également à mobiliser l’ensemble des parties prenantes et à clarifier les étapes techniques du processus.

     

     

     

    Diagnostic critique du NERF initial : premières limites identifiées

     

    Les discussions ont débuté par un diagnostic approfondi du premier NERF. Les experts de la DIAF et de la DDD ont mis en évidence plusieurs limites, notamment des incertitudes dans certaines séries de données, des incohérences cartographiques, des hypothèses allométriques trop génériques, une couverture partielle des catégories d’utilisation des terres et des besoins d’harmonisation entre données satellites et inventaires. Ces constats orientent les priorités vers une amélioration de la précision cartographique, de la qualité des facteurs d’émission et de la traçabilité méthodologique.

     

     

     

    Alignement méthodologique avec les standards internationaux

     

    Les participants ont rappelé la nécessité d’un alignement strict avec les directives du GIEC pour les inventaires d’émissions. Les échanges ont porté sur les méthodes recommandées, les exigences de transparence, la reproductibilité des calculs et la gestion des incertitudes. Une attention particulière a été accordée au choix d’équations allométriques adaptées aux types forestiers nationaux, à la mise à jour des facteurs d’émission, à la documentation complète des chaînes de traitement et à la compatibilité avec le SNSF, la Stratégie‑Cadre REDD+ et la CDN.

     

    Des données disponibles, mais un besoin de consolidation

     

    Les participants ont souligné la disponibilité de plusieurs atouts techniques, notamment les données de l’Inventaire Forestier National, les avancées du SNSF, les compétences des équipes nationales et l’expérience issue des projets REDD+. Toutefois, un travail de consolidation reste indispensable, incluant le nettoyage des bases de données, la standardisation des formats, le croisement entre inventaire et télédétection, l’amélioration des métadonnées et la mise en place de protocoles d’archivage et d’audit.

     

    Élaboration d’une feuille de route détaillée

     

    À l’issue des analyses, une feuille de route structurée a été élaborée. Elle définit les étapes du processus de révision, les lacunes méthodologiques à combler, les données essentielles à mobiliser, les responsabilités techniques, les ressources nécessaires et le calendrier prévisionnel. Ce document constituera le cadre de référence qui guide désormais la mise en œuvre opérationnelle des prochaines phases.

     

    Perspectives : une révision à haute valeur stratégique

     

    La révision du NERF représente un chantier structurant pour le système climatique forestier de la RDC. Au‑delà de la mise à jour méthodologique, elle vise à renforcer la crédibilité internationale du pays, à améliorer la robustesse scientifique des estimations, à réduire les incertitudes techniques et à optimiser le potentiel de paiements carbone. Elle constitue également une opportunité majeure de renforcement durable des capacités nationales. Le processus entre maintenant dans une phase opérationnelle, centrée sur la consolidation des données et la finalisation des options méthodologiques.

     

    Le Gouverneur du Kwango en séance de travail au FONAREDD sur les perspectives d’appui à la province

     

    Le Secrétaire Exécutif National du Fonds National REDD+ (FONAREDD), M. Bavon N’Sa Mputu Elima, a reçu ce lundi au siège du Secrétariat Exécutif le Gouverneur de la province du Kwango, Monsieur Willy Bitwisila. Cette audience de travail s’inscrit dans la volonté commune d’examiner les perspectives de financement REDD+ en faveur d’une province en attente de la mise en place d’un Programme Intégré REDD+ (PIREDD), malgré son importance stratégique au sein du Grand Bandundu.

     

    Un plaidoyer réaffirmé pour l’inclusion du Kwango dans les programmes REDD+

     

    Le Gouverneur Willy Bitwisila a rappelé qu’il avait répondu à l’Appel à Manifestation d’Intérêt lancé par le FONAREDD il y a quatre ans, dans le cadre du second cadre programmatique ouvert aux organisations nationales pour soumissionner. Le Kwango avait été retenu et avait présenté un projet qui avait donné lieu à plusieurs sessions techniques avec les experts du Fonds.

     

    Il a également souligné que, contrairement aux provinces voisines du Mai-Ndombe et du Kwilu, qui bénéficient chacune d’un PIREDD, le Kwango n’a pas encore bénéficié d’un tel programme, ce qui limite les interventions de développement durable dans une province confrontée à d’importants défis socio-environnementaux.

     

     

    Le FONAREDD précise le contexte institutionnel et les contraintes programmatiques

     

    Le Secrétaire Exécutif a rappelé que le financement assuré par l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI) repose sur un accord gouvernement–bailleurs, structuré autour d’un cadre programmatique. La première phase du deuxième partenariat entre le Gouvernement et CAFI arrive à son terme cette année.

     

    Dans la seconde phase, il a été convenu de financer plusieurs programmes, notamment les PIREDD portés par les agences des pays contributeurs, pour un budget global d’environ 200 millions USD. Cependant, il a rappelé que l’un des défis majeurs réside dans la faible capacité d’absorption des ressources, les ONG nationales n’ayant pas encore un accès direct aux financements, d’où des discussions toujours en cours pour instaurer des mécanismes impliquant des « agences de gestion ».

     

    Les limites du PIREDD RN1 : un programme insuffisant pour répondre aux défis du Kwango profond

     

     

     

    Le Gouverneur Bitwisila a exprimé sa préoccupation concernant le PIREDD RN1, qui n’intervient que sur une partie limitée du territoire de Kenge. Selon lui, cette couverture restreinte ne permet pas de répondre aux défis les plus importants qui se situent dans le Kwango profond, où les besoins en termes de lutte contre la déforestation, d’amélioration des moyens de subsistance et de gouvernance locale sont plus pressants.

     

    Le Secrétaire Exécutif a reconnu la pertinence de cette préoccupation et a encouragé le Gouverneur à formaliser cette doléance auprès du Ministre des Finances, Président du Comité de Pilotage du Fonds.

     

    Recommandations du Secrétaire Exécutif

     

     

    Pour donner une suite pratique aux discussions, le Secrétaire Exécutif a formulé plusieurs recommandations clés :

     

    -Saisir officiellement le Ministre des Finances : Afin de solliciter l’inscription du PIREDD Kwango dans la programmation de l’année en cours.

     

    -Formaliser les préoccupations liées au périmètre limité du PIREDD RN1 : afin de permettre un réajustement ou une extension des interventions.

     

    Alignement avec la seconde phase du partenariat CAFI–RDC: en veillant à ce que les doléances provinciales soient intégrées dans la programmation stratégique nationale.

     

    Le Secrétaire Exécutif a également précisé que cette démarche permettra au Comité de Pilotage d’instruire le FONAREDD pour apporter des éléments de réponse appropriés, officialisant ainsi les préoccupations de la province.

     

    Le Gouverneur Willy Bitwisila salue la clarté des orientations du FONAREDD

     

    À l’issue de l’audience, le Gouverneur Willy Bitwisila a exprimé sa gratitude au Secrétaire Exécutif pour les éclaircissements fournis et s’est engagé à poursuivre les démarches recommandées, notamment en consolidant le plaidoyer provincial auprès du Ministère des Finances.

     

    Cette rencontre marque une étape importante pour la relance du dossier Kwango, ouvrant la voie à une possible intégration de la province dans les futurs programmes REDD+ et à une meilleure prise en compte des besoins des populations.

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