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- 54 alliances productives mises en place,
- 3 515 hectares de nouvelles plantations géoréférencées,
- 3 571 bénéficiaires, dont 1 023 femmes.
- -Quelle est l’évolution réelle des revenus des ménages après l’arrêt des cultures intercalaires ?
- -Les apports de déchets d’usine améliorent-ils durablement la fertilité des sols ?
- -Les plantations permettent-elles effectivement de réduire l’ouverture de nouveaux fronts agricoles ?
- -Comment se comparent les performances des zones appuyées avec celles des zones non appuyées ?

2ᵉ Réunion du Comité de Pilotage du Projet PAAJ : une étape décisive vers l’échéance de mars 2026

Kinshasa, 17 février 2026 — Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en collaboration avec le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, a tenu la deuxième réunion du Comité de Pilotage (COPIL) du Projet PAAJ. Cette session s’inscrit dans une séquence stratégique, l’échéance de mars 2026 conditionnant le décaissement de la seconde tranche de financement et la consolidation du partenariat RDC–CAFI.

Une mobilisation interinstitutionnelle autour de la gouvernance sectorielle
Ont pris part à cette session le Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Economie du Climat, le Ministère d’aménagement du territoire, le ministère d’Agriculture et sécurité alimentaire, le Ministère du plan et la coordination d’aide au développement, le Ministère des Mines, le Ministère des Hydrocarbures, l’Agence Congolaise de l’Environnement, l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, le FONAREDD.
Le projet PAAJ repose sur un engagement conjoint entre le Gouvernement, le FONAREDD, le PNUD et CAFI, et constitue un instrument structurant pour le renforcement de la gouvernance sectorielle ; a rappelé représentant du PNUD à l’ouverture des travaux.
La réunion avait pour objet d’examiner l’état d’exécution du projet à l’issue de l’année 2025, d’analyser les livrables attendus et d’apprécier les conditions de validation du Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) 2026.

Un niveau d’exécution globalement satisfaisant
Moins d’un an après la première réunion du COPIL, les résultats enregistrés traduisent une dynamique réelle d’exécution : 83 % des jalons sont en progression dont 5 % sont complétement atteints. Les jalons non entamés sont identifiés et programmés en vue de leur réalisation d’ici mars 2026.
Cette trajectoire confirme la capacité des parties prenantes à traduire les engagements programmatiques en résultats vérifiables, condition essentielle à la continuité du financement.
Des avancées sectorielles significatives

Le rapport annuel 2025, présenté par le Conseiller technique principal du projet, M. Gérard IMANI, met en évidence une progression différenciée selon les composantes. En matière d’aménagement du territoire, l’adoption et la promulgation de la loi constituent une avancée normative structurante, en ce qu’elles posent les bases d’une organisation plus cohérente de l’espace national et d’une meilleure articulation des politiques sectorielles.
Dans le sous-projet agriculture, des progrès importants ont été enregistrés à travers la vulgarisation de la politique agricole en quatre langues nationales, favorisant ainsi son appropriation par les parties prenantes à différents niveaux. La composante forêt a, pour sa part, connu des avancées notables dans le processus d’élaboration de la Politique forestière nationale, étape essentielle pour la consolidation du cadre stratégique de gestion durable des ressources forestières.
S’agissant du secteur de la démographie, les réalisations majeures portent sur l’élaboration du diagnostic démographique de la République démocratique du Congo ainsi que sur la poursuite du processus d’élaboration de la Politique nationale de population, deux outils indispensables pour une planification intégrée du développement.
Enfin, dans les secteurs des mines et des hydrocarbures, les actions menées ont permis de renforcer les capacités des acteurs en matière d’évaluation environnementale et sociale, contribuant ainsi à une meilleure prise en compte des exigences de durabilité dans les activités extractives.
Au total, 4 370 bénéficiaires directs ont été recensés. La question de la mesure des bénéficiaires indirects et de la traçabilité des effets élargis du projet a été soulevée, rappelant que la performance ne se limite pas aux livrables formels mais implique également une évaluation qualitative des transformations induites.
Une échéance stratégique pour le partenariat RDC–CAFI
Représenté par Monsieur le Secrétaire Exécutif National Adjoint, Faustin BOYEMBA, le FONAREDD a souligné que l’échéance de mars 2026 ne constitue pas seulement un impératif administratif, mais un moment stratégique dans la perspective du renouvellement du partenariat entre la RDC et CAFI en 2026. Il a rappelé que la crédibilité du dispositif repose sur la capacité collective à transformer les engagements programmatiques en résultats vérifiables, condition essentielle à la continuité du financement.
Le PTBA 2026 : consolider les acquis et renforcer le suivi
Le PTBA 2026 a été présenté dans cette perspective de consolidation. Sa validation demeure conditionnée à la disponibilité des ressources, mais il trace une orientation claire : finalisation des livrables conditionnant l’atteinte des jalons , renforcement du suivi-évaluation et amélioration de la coordination interinstitutionnelle.
Vers une gouvernance renforcée et crédible
La réunion s’est conclue sur un constat partagé : repose sur la capacité des parties prenantes à inscrire leurs actions dans un cadre légal et politique harmonisé et cohérent, garantissant la complémentarité des réformes engagées dans les différents secteurs. Cette cohérence associée à la discipline budgétaire efficace, constitue un levier essentiel pour la consolidation des acquis.
À l’approche de mars 2026, l’enjeu porte désormais sur la finalisation des jalons prioritaires, la démonstration de résultats vérifiables et le renforcement des mécanismes de suivi-évaluation. Il s’agit, à travers ces efforts, d’affirmer une gouvernance crédible, structurée, lisible et orientée vers l’impact, condition déterminante pour la continuité du financement et le renouvellement du partenariat entre la République démocratique du Congo et CAFI.

RDC : Consultation provinciale sur l’Évaluation Environnementale et Sociale Stratégique de la Politique Forestière Nationale en RDC

Le processus d’élaboration de la nouvelle Politique Forestière Nationale (PFN) de la République démocratique du Congo a franchi une étape importante avec la tenue, en janvier dernier à Kinshasa, d’un atelier de consultation provinciale consacré à l’Évaluation Environnementale et Sociale Stratégique (EESS).
L’activité, organisée à Kinshasa par ACOGES Consulting SARLU, Bureau d’Etudes spécialisé en Evaluation environnementale et sociale en collaboration avec le Ministère sectoriel a réuni 27 participants issus des administrations publiques, organisations environnementales, universités, organisations de la société civile, ainsi que des représentants du FONAREDD et de l’ACE.
En effet, la dite consultation tire son fondement des dispositions de l’article 19 al 1 de la loi n°11/009 du 9 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’Environnement, qui a voulu que : « toute politique, tout plan ou programme élaboré par l’Etat, la province, l’entité territoriale décentralisée ou un établissement public dont la réalisation est susceptible d’avoir des incidences notables sur l’environnement fait l’objet d’une évaluation environnementale préalable ».
L’EESS de la PFN vise à garantir que les futures orientations forestières du pays soient cohérentes avec les impératifs de protection de l’environnement, de gouvernance durable et de respect des droits sociaux.
Un processus fondé sur la participation des parties prenantes
Durant l’atelier, le consultant a présenté la démarche, les objectifs et les enjeux de l’EESS. Les participants ont été informés sur la vision, les orientations stratégiques et les principaux défis liés à la gestion durable des forêts en RDC.
Les discussions se sont appuyées sur les résultats des évaluations déjà menées dans cinq provinces représentatives des grands types d’écosystèmes forestiers du pays :
-Katanga (Miombo)
-Kwilu (Forêts de transition)
-Mai-Ndombe (Tourbières)
-Kongo Central (Mangroves)
-Kinshasa (Mosaïque savane-forêt)
Cette approche vise à intégrer les réalités locales dans l’élaboration de la PFN afin qu’elle reflète les besoins des communautés et les spécificités environnementales et socio-économiques des provinces.
Moments marquants de l’atelier
L’atelier a été ouvert par une prière avant que le consultant ne présente le plan de travail. Les échanges se sont ensuite articulés autour de questions clés, notamment :
-Les impacts environnementaux potentiels de la future politique ;
-Les risques sociaux, y compris les enjeux liés aux violences basées sur le genre (VBG) ;
-L’identification et l’implication des parties prenantes ;
-La mise en place d’un mécanisme de gestion des plaintes sensible aux questions sociales ;
-Les défis de gouvernance forestière.
Des séances en groupes de discussion ont permis aux participants d’exprimer leurs préoccupations, de formuler des recommandations et d’identifier les enjeux institutionnels liés à la mise en œuvre de la PFN.
L’atelier a permis de renforcer l’engagement des acteurs impliqués dans le processus EESS. Le jeu de questions-réponses a mis en lumière des attentes précises en matière de gouvernance, de transparence et de participation communautaire. Les parties prenantes ont réaffirmé leur volonté de contribuer à la réussite de la PFN.
Parmi les prochaines étapes figure la poursuite des missions en provinces, afin d’étendre les consultations aux autres territoires non encore couverts. Une sensibilisation accrue est également envisagée pour assurer une participation large et inclusive.
Un processus essentiel pour la gestion durable des forêts
Avec près de 155 millions d’hectares de forêts, la RDC joue un rôle majeur dans la lutte mondiale contre le changement climatique. L’EESS de la PFN constitue une étape critique pour harmoniser protection de l’environnement, amélioration des conditions sociales et développement durable.
Le FONAREDD, partenaire stratégique du processus, continuera d’appuyer les efforts du pays pour une gestion durable des forêts et la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts.

Projet d’appui à la société civile : le PTBA 2026 validé lors de la deuxième réunion du Comité de pilotage

Kinshasa, 12 février 2026 – Le Secrétariat Général à l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD‑NEC) a tenu, ce jeudi, la deuxième réunion du Comité de Pilotage (COPIL) du projet « Appui de la société civile pour le suivi décentralisé des projets et programmes REDD+ en RDC (SC‑REDD) ». Le Fonds National REDD+ (FONAREDD) y a participé en tant que membre votant et bailleur principal du projet.

Au cours de la réunion, les membres du Comité de Pilotage ont examiné plusieurs points essentiels, notamment le suivi des recommandations issues du premier COPIL, la présentation des réalisations de l’année 2025, ainsi que l’exécution budgétaire et le rapport technique y afférent. Ils ont également passé en revue la présentation du PTBA 2026 en vue de sa validation, les différents arrangements institutionnels et opérationnels, la stratégie de communication et de suivi‑évaluation, avant de procéder à la fixation de la date de la prochaine réunion du COPIL
À l’issue des échanges, le COPIL a officiellement validé le PTBA 2026, consolidant ainsi la planification opérationnelle du projet pour l’année. Cette validation marque une étape déterminante pour garantir une mise en œuvre structurée, conforme aux priorités nationales et alignée sur les exigences de gouvernance REDD+.

Intervenant au nom du Fonds, M. Bavon N’Sa Mputu Elima, Secrétaire Exécutif National du FONAREDD, a déclaré :
« La validation du PTBA 2026 constitue une étape déterminante pour garantir une mise en œuvre structurée et transparente du projet. Il est important d’accélérer les activités prévues, de renforcer les capacités des acteurs et d’assurer la cohérence des indicateurs afin que les financements mobilisés produisent des résultats concrets et crédibles au bénéfice des communautés. Le FONAREDD demeurera engagé pour accompagner ce processus. »
— M. Bavon N’Sa Mputu Elima, Secrétaire Exécutif National du FONAREDD
Pour rappel, ce projet financé par le FONAREDD sur fonds CAFI vise à renforcer la gouvernance et les opérations internes du GTCR‑R, à accroître l’influence de la société civile dans les processus REDD+ aux niveaux national, provincial et local, et à contribuer à une mise en œuvre plus efficace, équitable et informée des initiatives REDD+ en République Démocratique du Congo. Ces objectifs constituent le socle du dispositif national d’appui à la société civile dans la gouvernance REDD+, en consolidant son rôle dans la transparence, le suivi et la redevabilité des actions menées dans le cadre de la REDD+
La date de la prochaine réunion du Comité de pilotage sera communiquée ultérieurement par le Secrétariat Général à l’Environnement, conformément aux procédures établies.

Institutionnalisation du FONAREDD : une retraite décisive pour la gouvernance climatique en RDC

Du 4 au 6 février 2026, une retraite technique de haut niveau s’est tenue à Kinshasa afin de finaliser le projet du texte règlementaire portant institutionnalisation du Fonds National REDD (FONAREDD). Cette rencontre stratégique a réuni le Ministère des Finances, le Ministère de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du climat ainsi que le Secrétariat Exécutif du FONAREDD.
L’initiative s’inscrit dans la dynamique de renforcement du cadre institutionnel national de gestion des financements climatiques, ceci en réponse aux orientations stratégiques du Comité de Pilotage Politique tenu en novembre 2024 en rapport avec l’institutionnalisation du FONAREDD.
En effet, depuis sa création en 2013, le FONAREDD joue un rôle central dans la mobilisation des ressources destinées à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale REDD+. Cependant, son fonctionnement reposait jusque-là sur des mécanismes intérimaires reposant sur des arrangements institutionnels convenus entre le Gouvernement et son partenaire de financement CAFI.

Ces travaux ont été menés suivant les instructions conjointes des deux ministres de tutelle financière et technique, dans un esprit de collaboration étroite.
Objectifs de la retraite
La rencontre visait à atteindre les objectifs suivants :
– Finaliser et valider techniquement le projet de texte règlementaire, instituant officiellement le FONAREDD, et ce, de manière contradictoire entre les parties ;
-Examiner et harmoniser le contenu du texte réglementaire proposé ;
-Clarifier les missions, les attributions et le mode de fonctionnement du Fonds ;
-Définir les mécanismes de gouvernance et de coordination institutionnelle ;
-S’assurer de la conformité du texte avec les lois nationales et les engagements internationaux de la RDC ;
-Produire une version définitive du projet texte règlementaire prête à être soumise à la signature des deux Ministres.
Des résultats concrets et déterminants
Au terme de trois jours de travaux intensifs, les équipes techniques ont pleinement atteint les résultats attendus. Le projet texte règlementaire a été finalisé et consolidé. Ce texte constitue désormais un cadre juridique complet qui définit clairement le statut du FONAREDD, ses missions, son organisation, ses organes de gouvernance ainsi que ses mécanismes de gestion administrative et financière.
La version issue de la retraite consacre notamment le FONAREDD comme une structure nationale placée sous l’autorité du Ministère des Finances, avec une forte implication technique du Ministère de l’Environnement. Elle précise le rôle du Comité de Pilotage, du Comité de Revue des Programmes et du Secrétariat Exécutif, garantissant ainsi une gouvernance transparente et efficace des financements climatiques.
À ce stade, le travail technique est entièrement achevé. La dernière étape du processus reste la signature formelle de texte règlementaire par les deux Ministres concernés, ce qui permettra l’entrée en vigueur officielle du nouveau dispositif.
Une avancée majeure pour le secteur climatique
La réussite de cette retraite constitue une étape importante dans la structuration de la politique climatique en République Démocratique du Congo. Elle confirme la prise de conscience croissante que le changement climatique ne peut être traité de manière isolée, mais nécessite une approche transversale impliquant plusieurs secteurs de l’action publique.
Le Ministère de l’Environnement a joué un rôle moteur dans ce processus, en comprenant très tôt que la mobilisation des financements climatiques exigeait une collaboration étroite avec le Ministère des Finances. Cette coopération exemplaire traduit une vision partagée : pour réussir la transition écologique et protéger durablement les forêts du Bassin du Congo, il faut une synergie forte entre politiques environnementales et mécanismes financiers.
Cette dynamique renforce également la crédibilité de la RDC auprès de ses partenaires techniques et financiers, notamment dans le cadre du partenariat avec l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI), qui constitue l’un des principaux mécanismes d’appui à la stratégie REDD+ nationale.
L’aboutissement de cette retraite ouvre des perspectives prometteuses pour la suite du processus. La signature prochaine du texte règlementaire permettra d’ancrer définitivement le FONAREDD dans l’architecture institutionnelle nationale. Une fois institutionnalisé, le Fonds disposera d’un cadre juridique clair pour renforcer la transparence, la coordination et l’efficacité dans la gestion des financements climatiques.
Cette avancée facilitera également la mobilisation de nouvelles ressources internationales, l’amélioration du suivi des programmes REDD+, ainsi que l’accélération de la mise en œuvre des réformes prévues par la Stratégie Nationale REDD+. À moyen terme, le FONAREDD sera mieux outillé pour accompagner les politiques publiques en faveur de la protection des forêts, de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et du développement durable.
La retraite de finalisation du projet texte règlementaire marque un tournant décisif dans la gouvernance climatique en République Démocratique du Congo. Elle témoigne de la volonté du Gouvernement de doter le pays d’Institutions fortes et efficaces pour relever les défis environnementaux actuels.
En conjuguant leurs efforts, le Ministère des Finances, le Ministère de l’Environnement et le FONAREDD ont franchi une étape essentielle vers une gestion moderne et structurée des financements climatiques. Une fois le texte signé, la RDC disposera d’un outil institutionnel renforcé pour poursuivre ses ambitions en matière de lutte contre le changement climatique et de préservation de son patrimoine forestier.

Kwilu : Palmier à huile et Alliances productives - un modèle Agricole Structuré à consolider

Dans la province du Kwilu, l’agriculture familiale fait face à des défis majeurs : appauvrissement des sols, baisse des rendements vivriers et éloignement progressif des zones de culture. Pour répondre à ces difficultés, le Programme d’appui à la valorisation des forêts et savanes dégradées (PSFD), financé par le FONAREDD sur allocation CAFI et mis en œuvre par l’AFD, a choisi d’appuyer un modèle de production centré sur le palmier à huile, encadré par l’approche des Alliances productives.
Souvent qualifié d’« agroforesterie », ce dispositif correspond en réalité à un système technique plus précis : l’installation progressive de plantations pérennes de palmier à huile, accompagnées durant leurs premières années par des cultures vivrières intercalaires.
Un système dont l’objectif central est la palmeraie

« Notre priorité, ce n’est pas de maintenir durablement des cultures sous les arbres, mais de réussir l’installation des palmiers », explique l’ingénieur Jean Fernand Mbata Koko, responsable agroéconomiste au sein du PSFD. « Les cultures intercalaires servent surtout à accompagner les producteurs pendant la phase juvénile des palmiers, le temps que ceux-ci atteignent leur maturité. »
Les plantations sont établies selon des normes techniques précises : les palmiers sont plantés à des écartements de 9 mètres sur 7,80 mètres, soit une densité de 143 pieds par hectare. Pendant environ deux ans, cet espacement permet l’introduction de cultures vivrières entre les lignes.

Dans ces interlignes, les producteurs cultivent principalement l’arachide, le maïs et le niébé. « Ces cultures nous aident à vivre en attendant que les palmiers commencent à produire », témoigne Madame Ema MUMBELU , productrice à Kikondi. « Nous semons le maïs ou l’arachide, nous vendons une partie, et cela soutient nos familles pendant que nos palmiers grandissent. »
Certaines pratiques sont cependant strictement encadrées. « Le manioc est interdit dans les interlignes, car il épuise fortement le sol et freine la croissance des jeunes palmiers », précise un technicien de terrain. « Nous encourageons uniquement les cultures qui améliorent ou préservent la fertilité. »
Après deux ans en moyenne, l’ombrage des palmiers devient trop important pour permettre la poursuite des cultures vivrières. Le système évolue alors progressivement vers une plantation pérenne spécialisée.
Valoriser les déchets de l’usine pour nourrir les sols

Un des aspects techniques les plus innovants du modèle réside dans l’intégration des sous-produits issus de l’usine de transformation de l’huile de palme.

« Nous ne jetons presque rien », explique le gérant de l’usine PREVAC/APM, Jean Pierre Masukesa Kilundu. « Les rafles, les fibres et les effluents sont récupérés et réutilisés pour fertiliser les pépinières et enrichir les parcelles des producteurs. »
Cette pratique permet d’améliorer la qualité des plants, d’apporter de la matière organique aux sols et de réduire les coûts liés aux engrais chimiques. Selon l’agroéconomiste du programme, « l’utilisation de ces déchets industriels transforme un problème environnemental potentiel en une véritable ressource agronomique. Elle profite à la fois aux palmiers et aux cultures intercalaires pendant les premières années. »
Toutefois, l’efficacité réelle de ces apports reste encore peu documentée. Des analyses régulières de sols et un suivi agronomique plus systématique permettraient de mieux mesurer leur impact sur la fertilité à long terme.
Les Alliances productives : sécuriser l’économie du modèle
La dimension organisationnelle est au cœur du dispositif. « Avant, les producteurs étaient dispersés et l’usine manquait de matières premières », reconnaît le directeur de PREVAC/APM. « Grâce aux alliances productives, nous avons pu distribuer des plants, regrouper les producteurs et planifier l’approvisionnement futur. »
Le principe est simple : les producteurs reçoivent un appui technique, des intrants et un encadrement rapproché ; en contrepartie, l’opérateur économique s’engage à acheter leur production dans un cadre contractuel.
Pour l’ingénieur Mbata Koko, « l’alliance productive permet d’aligner tous les maillons : le conseil améliore les pratiques, le contrat sécurise les débouchés, et le suivi géoréférencé garantit une meilleure traçabilité des parcelles. »
Des réalisations visibles mais des impacts encore à démontrer

Au Kwilu, le programme affiche à ce jour :
Ces données témoignent d’une dynamique réelle. « Nous voyons déjà le changement », affirme Maman Ema. « Avant, nous devions aller très loin pour cultiver. Aujourd’hui, nous travaillons près du village et nous préparons l’avenir avec nos palmiers. »
Néanmoins, ces chiffres reflètent surtout des réalisations physiques. Les impacts économiques et environnementaux restent encore peu documentés. Plusieurs questions demeurent ouvertes :
Dans la poursuite du processus de mise en œuvre des activités, le programme prévoit de conduire un ensemble d’études structurées et de mettre en place des indicateurs mesurables permettant de répondre de manière rigoureuse aux questions clés relatives aux impacts socio-économiques et environnementaux du dispositif.
Un dispositif de suivi‑évaluation renforcé sera progressivement opérationnalisé afin de documenter les résultats de manière comparative, d’alimenter la prise de décision et d’assurer une lecture plus fine des effets réels du programme dans les zones d’intervention.
Limites et risques à prendre en compte
Les acteurs eux-mêmes reconnaissent certains défis. « Une plantation de palmier, c’est un engagement sur le long terme », rappelle l’ingénieur du PSFD. « Si l’accompagnement technique s’arrête trop tôt, beaucoup de producteurs peuvent se décourager. »
Plusieurs risques doivent être considérés :
-Dépendance économique : la spécialisation autour d’un seul produit expose les ménages aux fluctuations des prix de l’huile de palme.
-Réduction progressive des cultures vivrières : après deux ans, les interlignes disparaissent, ce qui peut fragiliser la sécurité alimentaire locale.
-Exigences techniques élevées : entretien, fertilisation et gestion des parcelles demandent un suivi durable.
-Impact environnemental incertain : sans contrôle rigoureux, l’extension des palmeraies pourrait encourager de nouveaux défrichements.
Comme le souligne le directeur d’usine, « quand une filière se développe, tout un territoire se met en mouvement. Mais ce mouvement doit être bien encadré pour rester bénéfique à long terme. »
Un modèle prometteur, mais à évaluer dans la durée

Le système développé au Kwilu doit être décrit avec précision : il s’agit avant tout d’un modèle de plantations de palmier à huile avec cultures intercalaires temporaires, soutenu par des alliances productives et par la valorisation locale des déchets industriels.
Cette approche apporte des réponses concrètes à plusieurs problèmes : restauration progressive des sols, opportunités de revenus, structuration des filières et meilleure intégration des producteurs au marché.
Cependant, comme le résume l’agroéconomiste du programme, « nous avons posé des bases solides, mais le véritable test viendra dans quelques années, quand les palmiers seront en pleine production. »
Pour confirmer son potentiel, le modèle devra désormais s’appuyer sur :
-Un suivi d’impact rigoureux,
-Des comparaisons avec des zones non appuyées,
-Des données environnementales plus précises,
-Et un accompagnement durable des producteurs au-delà de la phase d’installation.
C’est à ces conditions que cette stratégie pourra devenir un véritable levier de développement rural durable pour la province du Kwilu.
