Kinshasa : Les acteurs du secteur bois-énergie mobilisés pour une transition énergétique durable en RDC

    Kinshasa, le 26 mai 2026 – Le Fonds National REDD (FONAREDD) a pris part à la première Journée Porte Ouverte consacrée à la problématique du bois-énergie en République Démocratique du Congo, organisée par la Direction des Technologies de l’Énergie-Bois (DTEB) du Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), avec l’appui de la Coopération allemande (GIZ/ChaBoDu).

     

    Placée sous le patronage de Son Excellence Madame la Ministre de l’Environnement, cette rencontre a réuni 68 participants issus de 51 structures représentant les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile, le secteur privé, le monde académique ainsi que les médias.

     

    Un enjeu stratégique pour la préservation des forêts et le climat
    En République Démocratique du Congo, plus de 95 % de la consommation énergétique des ménages repose sur le bois-énergie, dont une part importante est produite et consommée selon des modes non durables. Cette situation exerce une pression croissante sur les ressources forestières, contribue à la déforestation et à la dégradation des forêts, tout en compromettant les efforts nationaux de lutte contre le changement climatique.


    Conscient de cet enjeu, le Gouvernement de la RDC et ses partenaires ont inscrit la question du bois-énergie parmi les priorités stratégiques de la Lettre d’Intention signée avec l’Initiative CAFI. Celle-ci vise notamment à réduire de 50 % la dépendance au bois-énergie issu de sources non durables dans les grands centres urbains du pays, à travers la promotion d’alternatives énergétiques accessibles, le développement de chaînes d’approvisionnement durables et l’amélioration de l’efficacité énergétique.


    C’est dans cette perspective que cette journée Porte Ouverte visait à renforcer le dialogue entre les différents acteurs du secteur , à promouvoir une vision commune en faveur d’un approvisionnement durable et à identifier des solutions concrètes pour une transition énergétique durable.

     

    Une plateforme d’échange pour des solutions innovantes


    Les échanges ont permis de dresser un état des lieux des initiatives actuellement mises en œuvre dans le secteur du bois-énergie et d’identifier les principales contraintes auxquelles font face les acteurs.


    Les participants ont notamment examiné :


    • La cartographie des initiatives en cours dans le secteur du bois-énergie ;
    • Le bilan de la feuille de route nationale pour un approvisionnement durable ;
    • Les perspectives de développement des alternatives énergétiques, notamment le gaz de pétrole liquéfié (GPL) et les énergies renouvelables ;
    • La diffusion des foyers améliorés ;
    • Les techniques innovantes de production de briquettes et autres combustibles alternatifs.

     

    Une démonstration pratique de fabrication de briquettes ainsi que la distribution d’un guide opérationnel sur la carbonisation améliorée ont permis de renforcer l’appropriation des solutions présentées par les participants.

     

    Une contribution active du FONAREDD
    Le FONAREDD a activement contribué aux travaux en présentant les orientations stratégiques de la Lettre d’Intention de l’Initiative CAFI-RDC relatives à la réduction de l’utilisation non durable du bois-énergie dans les principales agglomérations du pays.


    Cette intervention a permis de mettre en lumière les investissements et réformes envisagés pour accompagner la transition énergétique, tout en recueillant les contributions des parties prenantes sur les mécanismes les plus efficaces pour réduire la pression exercée sur les ressources forestières.


    Les échanges ont également mis en évidence l’importance d’une approche intégrée associant politiques publiques, innovations technologiques, investissements durables et sensibilisation des populations afin d’atteindre les objectifs nationaux en matière de climat et de développement durable.

     

    Une contribution aux engagements climatiques de la RDC
    Les réflexions issues de cette rencontre s’inscrivent pleinement dans les efforts déployés par la RDC pour mettre en œuvre ses Contributions Déterminées au niveau National (CDN), sa Stratégie-Cadre Nationale REDD+ ainsi que les engagements pris dans le cadre du partenariat entre la RDC et l’Initiative CAFI.


    Les recommandations formulées devraient contribuer à orienter les futures interventions publiques et les investissements des partenaires en faveur d’un approvisionnement durable en bois-énergie, particulièrement dans les grands centres urbains où la demande énergétique continue de croître.

     

    Vers une action concertée et durable
    Les travaux se sont conclus par l’adoption d’un communiqué final, réaffirmant l’urgence d’une action collective pour :
    • Promouvoir des pratiques durables dans la production et l’utilisation du bois-énergie ;
    • Renforcer la gouvernance du secteur ;
    • Soutenir le développement d’alternatives énergétiques propres et accessibles ;
    • Accélérer la transition vers un modèle énergétique propres , accessibles, plus résilient et respectueux de l’environnement.

     

    Comme l’a souligné la Secrétaire Générale à l’Environnement :« Ensemble, nous pouvons transformer ce défi en opportunité, en conciliant développement, préservation de l’environnement et amélioration des conditions de vie de nos populations. »

    Un engagement renouvelé pour la transition énergétique
    À travers sa participation à cette première Journée Porte Ouverte,, le FONAREDD réaffirme son engagement à soutenir les efforts du Gouvernement congolais et de ses partenaires pour réduire la pression sur les forêts, promouvoir des solutions énergétiques durables et contribuer à l’atteinte des objectifs climatiques nationaux.


    Cette dynamique collective constitue une étape importante vers la construction d’un modèle énergétique plus inclusif, résilient et respectueux de l’environnement, au bénéfice des populations congolaises et des générations futures.

    COPIL Politique du FONAREDD : des performances record, mais des défis à relever pour accélérer l’impact des investissements climatiques

    Kinshasa, 04 juin 2026 – Réuni sous la présidence de Son Excellence Monsieur Doudou Roussel Fwamba Likunde Li-Botayi, Ministre des Finances et Président du Comité de Pilotage (COPIL) du FONAREDD, le COPIL Politique a examiné les performances du Fonds à fin 2025 ainsi que les perspectives de mise en œuvre du partenariat RDC-CAFI. Les échanges ont mis en évidence une année marquée par une forte accélération des investissements, des résultats encourageants sur le terrain et des avancées significatives dans la mise en œuvre des réformes, tout en soulignant plusieurs défis qui continuent de peser sur le rythme d’exécution des programmes.

     

    Une année 2025 marquée par une montée en puissance du portefeuille

     

     

    Les chiffres présentés par le Secrétariat Exécutif traduisent une accélération sans précédent des investissements climatiques soutenus par le FONAREDD.

     

    À fin 2025, le portefeuille comptait 36 programmes approuvés, dont 23 actifs et 13 clôturés. Huit nouveaux programmes ont été approuvés au cours de l’année pour un montant de 181,9 millions USD, tandis que les décaissements annuels ont atteint près de 110 millions USD.

     

    Cette dynamique marque une étape importante dans l’évolution du mécanisme et témoigne d’une accélération notable de la programmation des investissements climatiques en RDC.

     

    Présentant le rapport annuel consolidé 2025, le Professeur Faustin Boyemba Bosela, Secrétaire Exécutif National Adjoint du FONAREDD, a souligné l’ampleur des progrès réalisés :

     

    « Les performances enregistrées en 2025 traduisent une véritable montée en puissance du FONAREDD. Cette année, le Fonds a approuvé près de 182 millions USD de nouveaux investissements, soit un volume équivalent à celui engagé au cours des cinq années précédentes. Cette dynamique se reflète également dans l’accélération des réformes, la progression des jalons de la LOI-2, l’amélioration des résultats sur le terrain et l’augmentation continue du nombre de bénéficiaires. »

     

    Le portefeuille cumule désormais 635,9 millions USD engagés, plus de 403 millions USD mobilisés et près de 388 millions USD transférés aux organismes de mise en œuvre.

     

    Des résultats concrets pour les populations et les territoires

     

    Les investissements soutenus par le FONAREDD continuent de produire des effets visibles dans plusieurs secteurs stratégiques.

     

    Plus de 218 000 foyers améliorés ont été distribués à travers le pays, plus de 606 000 hectares de concessions forestières des communautés locales ont été sécurisés, plus de 26 000 hectares d’agroforesterie ont été développés et près de 923 000 bénéficiaires directs ont été touchés par les interventions du portefeuille.

     

    Les actions financées contribuent également aux engagements climatiques de la RDC. Les résultats présentés montrent que les investissements soutenus par le Fonds permettent déjà d’atteindre près de 39 % de l’objectif national d’évitement de la déforestation fixé à l’horizon 2030.

     

    Saluant ces avancées, le représentant de la Présidence de la République a rappelé l’importance stratégique des enjeux environnementaux pour le pays :

     

    « Le Chef de l’État attache une importance particulière aux questions climatiques et environnementales. La montée en puissance du FONAREDD constitue un signal encourageant, mais les défis restent considérables. Nous devons poursuivre les efforts engagés afin que la RDC puisse valoriser son rôle stratégique dans la préservation des forêts du Bassin du Congo tout en transformant cet engagement en opportunités concrètes de développement pour sa population. »

     

    Les retards de décaissement continuent de peser sur l’exécution des programmes

     

    Au-delà des performances enregistrées, plusieurs intervenants ont attiré l’attention sur les délais qui subsistent entre l’approbation des programmes, le transfert des ressources financières et le démarrage effectif des activités sur le terrain.

     

     

    La Ministre des Affaires foncières, Madame O’Neige N’Sele Mimpa, a notamment évoqué les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des activités de la CONAREF. Elle a souligné que les retards observés dans le décaissement des fonds risquent d’affecter les délais d’exécution des activités et la synchronisation des actions entre les différentes parties prenantes intervenant de manière complémentaire dans la réforme foncière.

     

    Cette préoccupation rejoint les analyses du Secrétariat Exécutif du FONAREDD.

     

     

    Le Professeur Faustin Boyemba Bosela a rappelé que la question des capacités d’absorption doit être appréciée sur l’ensemble de la chaîne de mise en œuvre :

     

    « Lorsqu’on analyse les délais d’exécution, il apparaît qu’il s’écoule en moyenne six mois entre l’approbation d’un programme et le premier décaissement. À cela s’ajoutent plusieurs mois avant le démarrage effectif des activités. Ces délais sont souvent liés aux conditionnalités, aux procédures administratives entre agences d’exécution et mécanismes fiduciaires ainsi qu’aux différents processus de validation. »

     

    Le Secrétariat Exécutif a ainsi plaidé pour une réduction des délais entre les approbations, les décaissements et le démarrage effectif des programmes afin d’améliorer davantage l’efficacité des investissements.

     

    Identifier les blocages pour accélérer les résultats

     

    Les débats ont également porté sur les contraintes qui ralentissent encore certains programmes.

     

     

     

    Intervenant au nom du Gouvernement, le Ministre d’État, Ministre de l’Aménagement du Territoire, Jean-Lucien Busa, a salué les résultats obtenus tout en appelant à une analyse lucide des difficultés rencontrées :

     

    « Les résultats présentés démontrent que des progrès importants ont été réalisés. Toutefois, nous devons avoir le courage d’identifier les blocages qui ralentissent la mise en œuvre de certains programmes et d’y apporter des solutions adaptées. Notre responsabilité collective est de lever ces contraintes afin d’accélérer les investissements et de maximiser leur impact au bénéfice des populations et des territoires. »

     

    Le Ministre a notamment insisté sur la nécessité de tirer les enseignements des interruptions de programmation observées ces dernières années afin de préserver la dynamique actuelle d’investissement.

     

    En réponse aux préoccupations soulevées sur les retards de programmation et de décaissement, le Secrétaire Exécutif National du FONAREDD, Bavon N’Sa Mputu Elima, a rappelé que l’analyse des blocages doit prendre en compte le fonctionnement de l’ensemble du dispositif de gouvernance du Fonds.

     

     

    « Le Secrétariat Exécutif n’est pas une structure de décision. Il agit au sein d’un système de gouvernance comprenant notamment le Comité de Revue des Programmes, le COPIL Technique et le COPIL Politique. Pour parler des délais de décaissement ou de programmation, il faut également tenir compte du rôle de ces différentes instances ainsi que des mécanismes de validation impliquant les partenaires. »

     

    Le SEN a également souligné que les propositions de programmation soumises dans le cadre du partenariat RDC-CAFI résultent d’un processus concerté entre les parties prenantes et que certaines étapes nécessitent l’obtention de non-objections ou d’avis préalables pouvant influencer le calendrier global de mise en œuvre.

     

    Cette mise en perspective a permis aux participants de souligner que l’amélioration des performances du portefeuille passe non seulement par un renforcement des capacités opérationnelles, mais également par une plus grande fluidité des mécanismes de coordination et de prise de décision entre les différentes instances de gouvernance du partenariat.

     

    Réformes, jalons et qualité des données : des enjeux stratégiques pour la suite du partenariat

     

    La question des réformes soutenues par la deuxième Lettre d’Intention RDC-CAFI a également occupé une place importante dans les échanges.

     

    Les résultats présentés montrent que 25 % des jalons prévus entre 2021 et 2025 sont déjà atteints, tandis que 56 % sont en cours de réalisation. Ces avancées concernent notamment plusieurs réformes structurantes dans les secteurs foncier, forestier et de l’aménagement du territoire.

     

    Le Conseiller principal Climat de la Primature a rappelé l’importance de maintenir une attention particulière sur le suivi des jalons ainsi que sur la robustesse des données utilisées pour mesurer les progrès réalisés, notamment en matière de suivi du couvert forestier national.

     

    Dans un contexte où plusieurs réformes entrent dans une phase décisive de mise en œuvre, la qualité des données et la crédibilité des systèmes de suivi apparaissent comme des éléments déterminants pour orienter les décisions futures.

     

    Transformer les performances en impact durable

     

    Les discussions du COPIL Politique ont confirmé que le principal défi du FONAREDD ne réside plus uniquement dans la mobilisation des financements, mais également dans leur transformation rapide en résultats durables sur le terrain.

    La réduction des délais de décaissement, le renforcement de la coordination entre les acteurs, la levée des blocages opérationnels et l’accélération de la mise en œuvre des réformes apparaissent désormais comme des conditions essentielles pour consolider les acquis enregistrés et maximiser l’impact des investissements climatiques au bénéfice des populations congolaises.

     

    À travers les échanges du COPIL, une conviction a largement émergé : les performances réalisées au cours de l’année 2025 constituent une base solide pour l’avenir. La prochaine étape consistera à transformer cette dynamique d’investissement en changements structurels durables capables d’accélérer simultanément le développement des territoires, la préservation des forêts et la résilience climatique de la République Démocratique du Congo.

     

     

     

    Après Bandundu-Ville, le FONAREDD poursuit le suivi opérationnel du projet PROMIS-2 sur l’axe Kikwit–Masimanimba

    Dans le cadre du suivi du projet PROMIS-2 dans la province du Kwilu, le Fonds National REDD (FONAREDD), à travers son Secrétariat Exécutif, a pris part du 04 au 09 mai 2026 à une mission conjointe de terrain sur l’axe Kikwit–Masimanimba, aux côtés de MSI et de la Coordination nationale de la Santé de la Reproduction, de la Mère et de l’Enfant (CPSR).

     

    Cette mission constitue la seconde phase du processus de suivi engagé par le FONAREDD dans le Kwilu après une première étape conduite à Bandundu-Ville du 20 au 24 avril 2026. Cette première phase avait permis de renforcer la visibilité du programme auprès des autorités provinciales et des acteurs du secteur de la santé, tout en réaffirmant l’engagement du partenariat RDC-CAFI dans la poursuite des investissements REDD+ dans la province après la clôture du PIREDD Kwilu.

    Alors que les échanges de Bandundu-Ville avaient principalement porté sur les enjeux institutionnels, la coordination des acteurs et les défis structurels du secteur, la mission de Kikwit – Masimanimba était davantage orientée vers les réalités opérationnelles du terrain, notamment l’offre effective des services de planification familiale, la disponibilité des intrants contraceptifs et le fonctionnement des dispositifs logistiques et de coordination provinciale.

     

    Une offre de planification familiale encore fragile

     

    Les visites réalisées dans les structures sanitaires des zones de santé de Kikwit Nord et Kikwit Sud ont permis de constater que les services de planification familiale sont effectivement intégrés dans les établissements visités. Toutefois, leur couverture demeure encore limitée et inégalement répartie.

     

    MSI, principal partenaire opérationnel de PROMIS-2 sur cet axe, assure actuellement un paquet complet d’interventions comprenant la création de la demande, l’offre des services, la supervision, le monitorage ainsi que l’approvisionnement jusqu’au dernier kilomètre.

    Cependant, son intervention ne couvre qu’une partie restreinte des formations sanitaires dans les deux zones de santé.

     

    La mission a également relevé plusieurs contraintes susceptibles d’affecter la continuité des services, notamment les risques de rupture de certains contraceptifs essentiels tels que le Jadel, l’Implanon NXT et le Novoplan. D’autres défis concernent la qualité des prestations, avec un counseling parfois incomplet, des outils de planification familiale insuffisamment actualisés, ainsi qu’un suivi communautaire encore irrégulier.

     

    Ces constats confirment plusieurs préoccupations déjà identifiées lors de la première mission à Bandundu-Ville, notamment la fragilité de l’offre de services de planification familiale dans la province et les risques liés au désengagement progressif de certains partenaires historiquement actifs dans le secteur.

     

    La chaîne logistique au cœur des enjeux de disponibilité des intrants

     

    La mission a également permis d’évaluer le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement des intrants contraceptifs dans le Kwilu. Les équipes ont notamment visité la Centrale de Distribution Régionale de Médicaments (CAMEBASU) de Kikwit, construite avec l’appui de l’UNICEF et d’Enabel.

     

    Avec une capacité importante de stockage, cette infrastructure constitue un levier stratégique pour sécuriser la conservation des intrants, renforcer leur traçabilité et améliorer l’acheminement jusqu’aux structures sanitaires périphériques.

     

    Cependant, la mission a constaté que le potentiel de cette infrastructure reste encore sous-utilisé. À ce jour, seul le partenaire DKT dispose d’un contrat formel d’entreposage avec la centrale, tandis que certains partenaires continuent d’utiliser des circuits parallèles d’approvisionnement, limitant ainsi les mécanismes de contrôle qualité et de suivi des stocks par les zones de santé.

     

    Renforcer la coordination pour améliorer l’efficacité des interventions

     

    Les travaux organisés à Kikwit ont également permis d’aborder les enjeux de coordination des interventions en planification familiale dans la province. Les échanges ont mis en évidence plusieurs chevauchements entre les appuis de PROMIS-2 et ceux d’autres partenaires présents dans le Kwilu, notamment certaines interventions soutenues dans le cadre du PMNS/PDSS financé par la Banque mondiale.

     

    Face à cette situation, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes provinciaux d’alignement et de concertation afin d’assurer une couverture plus cohérente et équilibrée des zones de santé. Une attention particulière a été portée au rôle du Comité Technique Multisectoriel Permanent de Planification Familiale (CTMP-PF), identifié comme cadre stratégique de plaidoyer, de dialogue et d’harmonisation des interventions entre partenaires techniques et financiers.

     

    Cette problématique de coordination avait déjà été soulevée lors de la mission précédente à Bandundu-Ville, où le FONAREDD avait relevé les limites de fonctionnement du CTMP-PF, notamment l’irrégularité des réunions et la faible mobilisation des partenaires autour des mécanismes provinciaux de concertation.

     

    Perspectives opérationnelles

     

    À l’issue de la mission, plusieurs pistes d’action ont été retenues afin de renforcer l’efficacité et la durabilité des interventions du projet PROMIS-2 dans le Kwilu.

     

    Les partenaires entendent notamment accélérer le déploiement effectif de DKT et de Tulane University dans les zones encore faiblement couvertes, tout en élargissant progressivement les interventions vers d’autres formations sanitaires.

     

    Un accent particulier sera également mis sur la sécurisation des intrants contraceptifs à travers une meilleure exploitation des capacités de la CAMEBASU et le renforcement du rôle des zones de santé dans le contrôle qualité et le suivi logistique.

     

    Les partenaires ont par ailleurs recommandé une harmonisation plus poussée de la cartographie des interventions sous la coordination du Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR) et de la Division Provinciale de la Santé (DPS), afin de réduire les chevauchements et de renforcer la cohérence des appuis dans la province.

     

    Enfin, des efforts supplémentaires seront engagés pour améliorer la qualité des prestations offertes aux populations, notamment à travers le renforcement du counseling, la mise à jour des outils de collecte des données et le suivi régulier des activités communautaires.

     

    À propos du projet PROMIS-2

     

    Le projet PROMIS-2 est un programme soutenu par le Fonds National REDD de la RDC (FONAREDD) avec l’appui de l’UNOPS et de l’UNFPA. Il est mis en œuvre par un consortium d’organisations internationales et nationales composé de Tulane University, DKT International, MSI Reproductive Choices, ABEF-ND et SANRU.

     

    Déployé dans 12 provinces de la République Démocratique du Congo, PROMIS-2 s’inscrit dans l’alignement des priorités du Gouvernement congolais en matière de santé reproductive, de gratuité de la maternité et d’accès des filles à l’éducation.

     

    Le projet vise notamment à renforcer l’accès des populations aux services de planification familiale, améliorer la disponibilité des intrants contraceptifs, soutenir les mécanismes provinciaux de coordination sanitaire et contribuer au bien-être des femmes, des jeunes filles et des communautés.

     

    Doté d’un budget global de 58 millions de dollars américains, PROMIS-2 est mis en œuvre sur une période de quatre ans, du 14 avril 2025 au 13 avril 2029. À ce jour, un montant de 22,5 millions de dollars américains a déjà été décaissé pour soutenir le déploiement progressif des activités dans les provinces ciblées.

     

    À travers cette initiative, le FONAREDD et ses partenaires entendent contribuer à l’amélioration durable des indicateurs de santé reproductive en RDC, tout en renforçant la résilience communautaire et l’accès des populations aux services sociaux essentiels.

    Aménagement du territoire en RDC : le FONAREDD et ses partenaires engagent une réflexion stratégique sur la conversion des PGRN en PSAT.

    Une réforme territoriale qui redéfinit les outils de gouvernance locale

     

     

    Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire en République Démocratique du Congo, les dispositifs locaux de gestion des espaces ruraux connaissent une phase importante de réajustement institutionnel. Parmi les principaux enjeux figure la place des Plans de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN), largement développés ces dernières années dans le cadre des programmes de développement rural, de conservation et de gouvernance communautaire.

     

     

    Bien qu’ayant permis de structurer localement certaines dynamiques de gestion participative des ressources naturelles, les PGRN ne figurent pas explicitement parmi les instruments reconnus par le nouveau cadre légal de l’aménagement du territoire. Cette situation soulève désormais la nécessité de réfléchir à leur adaptation ou à leur conversion en Plans Simples d’Aménagement du Territoire (PSAT), outils désormais appelés à jouer un rôle central dans la planification spatiale locale.

     

    Au-delà d’une simple question technique, cette transition interroge la capacité des réformes territoriales à préserver les acquis communautaires déjà construits sur le terrain, tout en assurant leur conformité avec les nouvelles orientations nationales de gouvernance foncière et territoriale.

     

    Un atelier multi-acteurs pour harmoniser les approches méthodologiques

     

    C’est dans cette perspective que le Fonds National REDD (FONAREDD), en collaboration avec le WWF, l’UNOPS et plusieurs partenaires techniques, a organisé le 30 avril 2026 à Kinshasa un atelier de cadrage méthodologique consacré à la mise en place des PSAT et à la conversion des PGRN dans le cadre du Programme Intégré REDD+ Plateau (PIREDD-Plateau).

     

    Organisée dans la salle des réunions du WWF-RDC, la rencontre a réuni des représentants du FONAREDD, du WWF, de l’UNOPS, de l’Agence Nationale d’Aménagement du Territoire (ANAT), de la Task-Force Aménagement du Territoire, ainsi que plusieurs agences d’exécution, experts techniques et organisations de la société civile. Dix-sept participants ont pris part aux travaux en présentiel, tandis que cinq autres y ont participé à distance.

     

    L’objectif principal de l’atelier était d’harmoniser les approches méthodologiques relatives à l’élaboration des PSAT, tout en examinant les modalités de valorisation des acquis issus des PGRN déjà élaborés dans les zones d’intervention du programme.

     

    Entre continuité communautaire et exigences institutionnelles

     

    Au cours des travaux, le WWF a rappelé les objectifs du programme, notamment l’intégration des dimensions environnementales, sécuritaires et de gouvernance dans les outils de planification territoriale.

     

    Sous la facilitation du Secrétariat Exécutif du FONAREDD, l’organisation AGREN a présenté un projet de note méthodologique relatif à la conversion des PGRN en PSAT, mettant en évidence les convergences mais également les différences structurelles entre les deux instruments.

     

    Les échanges ont montré que la réflexion dépasse largement le cadre administratif. Pour plusieurs participants, l’enjeu principal consiste à éviter que les futurs PSAT ne soient conçus comme de simples outils réglementaires déconnectés des réalités locales. Les PGRN constituent aujourd’hui des référentiels importants pour de nombreuses communautés rurales, notamment en matière de gestion des espaces agricoles, forestiers et coutumiers.

     

    La question centrale devient donc celle de l’articulation entre les dynamiques communautaires déjà existantes et les nouveaux impératifs de structuration territoriale imposés par la réforme nationale.

     

    Des défis techniques et fonciers au cœur des discussions

     

    Les participants ont également identifié plusieurs défis susceptibles d’influencer la réussite du processus. Parmi les préoccupations soulevées figurent notamment la qualité et l’actualisation des données territoriales, le choix des outils cartographiques, la gestion des conflits locaux ainsi que la sensibilité des questions foncières dans les processus de consultation communautaire.

     

    Les discussions ont insisté sur la nécessité d’adopter une communication claire et adaptée aux communautés locales afin d’éviter les incompréhensions autour des nouveaux outils de planification. Dans plusieurs territoires, les enjeux fonciers demeurent particulièrement sensibles et peuvent rapidement devenir des facteurs de tensions si les mécanismes de concertation ne sont pas suffisamment inclusifs.

     

    Les échanges ont également mis en lumière l’importance d’une meilleure coordination entre les différents programmes intervenant sur les mêmes espaces, afin d’éviter les chevauchements méthodologiques et les incohérences dans les données produites.

     

    Une approche pragmatique saluée par les experts

     

    Parmi les temps forts de l’atelier figurent les discussions approfondies sur les défis méthodologiques, la mise en avant des enjeux de gouvernance locale ainsi que la fixation d’un calendrier pour la poursuite des travaux.

     

    Le Professeur Kabamba Kabata, Directeur Chef des Services et Expert Senior de la Task-Force Aménagement du Territoire, a salué l’initiative portée par le FONAREDD et ses partenaires tout en plaidant pour une approche pragmatique fondée sur la capitalisation des acquis existants.

     

    Selon lui, « il serait préférable d’aborder l’élaboration des Plans Simples d’Aménagement du Territoire (PSAT) en considérant les données des Plans de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN) actualisées au niveau communautaire comme des acquis, plutôt que de chercher à convertir les PGRN en PSAT ».

     

    Cette position traduit une orientation de plus en plus partagée dans les débats actuels sur la gouvernance territoriale : celle d’une réforme progressive capable de s’appuyer sur les expériences locales déjà éprouvées plutôt que de substituer entièrement les dispositifs existants.

     

    Des perspectives orientées vers la sécurisation foncière et la gouvernance territoriale

     

    À l’issue des travaux, plusieurs résultats immédiats ont été enregistrés, notamment une harmonisation accrue de la compréhension méthodologique entre les parties prenantes, l’identification des principaux défis techniques et organisationnels ainsi qu’un engagement collectif à finaliser la note méthodologique dans les délais convenus.

     

    Les participants ont également convenu d’organiser une séance spécifique consacrée à la sécurisation foncière, thématique considérée comme essentielle dans le processus de mise en œuvre des futurs PSAT.

     

    Parmi les recommandations formulées figurent notamment le renforcement des équipes de terrain, l’amélioration du partage des données entre programmes, l’intégration des organes locaux de gouvernance territoriale ainsi qu’une meilleure prise en compte des évolutions doctrinales liées à la foresterie communautaire et à la gouvernance foncière.

     

    Le FONAREDD au cœur des dynamiques de coordination territoriale

     

    À travers cette initiative, le FONAREDD confirme son rôle de plateforme de coordination stratégique des réformes territoriales et environnementales en République Démocratique du Congo. Dans un contexte où les enjeux climatiques, fonciers et de développement local deviennent de plus en plus interdépendants, l’harmonisation des outils de planification apparaît comme une condition essentielle pour renforcer la cohérence des interventions sur le terrain.

     

    L’atelier de Kinshasa marque ainsi une étape importante dans la réflexion nationale sur l’avenir des outils locaux de gouvernance des ressources naturelles et leur intégration dans le nouveau dispositif institutionnel de l’aménagement du territoire.

     

    Aménagement du territoire en RDC : une table ronde nationale pour renforcer la coordination entre le pouvoir central et les provinces

     

    Kinshasa, 6 mai 2026 – Le Fonds National REDD (FONAREDD) a pris part à la table ronde nationale consacrée aux défis de l’aménagement du territoire, organisée du 4 au 5 mai 2026 à l’Hôtel du Fleuve, dans la salle Panorama, à Kinshasa/Gombe.

     

    Ces assises, organisées par le Ministère de l’Aménagement du Territoire avec l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment le PNUD, CAFI, WRI, ONU-Habitat, la GIZ, le RFM et le GTRC, ont réuni plus de 250 participants issus du Gouvernement central, des Gouvernements provinciaux, des établissements publics sous tutelle, de la société civile, du secteur privé ainsi que des partenaires techniques et financiers.

     

    Ouverte officiellement par la Première Ministre, cette rencontre de haut niveau visait à renforcer l’engagement commun entre le pouvoir central et les provinces afin de relever les défis majeurs de l’aménagement du territoire et de promouvoir un développement spatial  équilibré et intégré en République démocratique du Congo.

     

    Des échanges stratégiques pour une meilleure gouvernance territoriale .

     

    Durant deux jours, les participants ont mené des échanges approfondis sur les enjeux liés à la planification spatiale, à la gestion des espaces et à la gouvernance territoriale.

     

    Les discussions ont mis en évidence plusieurs défis persistants, notamment les disparités territoriales entre provinces, le déficit d’infrastructures, la fragmentation des interventions sectorielles ainsi que l’absence d’outils efficaces de planification et de zonage.

     

    Dans son intervention, le Ministre de l’Aménagement du Territoire a rappelé le cadre légal régi par la Loi n°25/045, soulignant la nécessité d’une coordination renforcée entre le pouvoir central, les provinces et les entités territoriales décentralisées pour garantir une mise en œuvre cohérente des politiques d’aménagement du territoire.

     

    Le FONAREDD met en lumière les réformes territoriales et environnementales

     

     

    Un temps fort des travaux a été consacré à la présentation du FONAREDD, assurée par son Secrétaire Exécutif National, M. Bavon N’sa Mputu Elima. Celui-ci a présenté l’évolution du processus REDD+, les réformes en cours ainsi que l’apport du Fonds à l’aménagement du territoire en République Démocratique du Congo.

     

    Prenant la parole au cours des travaux, le Secrétaire Exécutif National du FONAREDD a insisté sur la nécessité d’une approche coordonnée des réformes territoriales.

     

    « La RDC ne pourra atteindre ses objectifs de développement durable sans une planification spatiale cohérente capable de réduire les disparités territoriales et de sécuriser les investissements publics », a déclaré Bavon N’sa Mputu Elima.

     

    Le FONAREDD a notamment mis en avant son appui au financement des outils de planification spatiale, à la réduction des disparités territoriales ainsi qu’à la cohérence entre les investissements publics, la conservation des forêts et le développement local, à travers plusieurs programmes,  notamment le Programme d’Appui à la Réforme de l’Aménagement du Territoire (PARAT), le PAAJ et les Programmes Intégrés REDD+ (PIREDD).

     

    À cette occasion, le Secrétaire Exécutif National a formulé plusieurs recommandations clés, portant notamment sur :

    – La mobilisation des acteurs pour la finalisation des jalons du PARAT,

    – La cohérence entre les cadres juridiques relatifs à l’aménagement du territoire, au foncier et à l’urbanisme,

    – Aini que l’intégration de ces réformes dans un programme global dans le cadre de la deuxième phase du partenariat Gouvernement–CAFI.

     

    Des recommandations concrètes et une feuille de route commune

     

    À l’issue des travaux, quatorze problématiques majeures ont été identifiées, accompagnées de trente recommandations politiques et techniques ainsi que neuf recommandations administratives.

     

    Le Ministre de l’Aménagement du Territoire a retenu six recommandations jugées prioritaires,, parmi lesquelles :

     

    – L’élaboration et la mise en œuvre des outils de planification spatiale ;

    – La cartographie des conflits d’affectation des terres ;

    – L’intégration systématique de l’aménagement du territoire dans les projets structurants ;

    – Et la prise en compte des évaluations environnementales stratégiques.

     

    La table ronde s’est conclue par l’adoption d’une feuille de route commune définissant les actions à mener à court et à moyen terme, suivie de la lecture du rapport final et de l’allocution de clôture du Ministre de l’Aménagement du Territoire.

     

    Par sa participation active à ces assises, le FONAREDD réaffirme son engagement à accompagner les réformes de l’aménagement du territoire en RDC, en faveur d’une gouvernance foncière et spatiale durable, inclusive et cohérente avec les objectifs de développement et de préservation des forêts.

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