Kwilu : Palmier à huile et Alliances productives - un modèle Agricole Structuré à consolider

     

    Dans la province du Kwilu, l’agriculture familiale fait face à des défis majeurs : appauvrissement des sols, baisse des rendements vivriers et éloignement progressif des zones de culture. Pour répondre à ces difficultés, le Programme d’appui à la valorisation des forêts et savanes dégradées (PSFD), financé par le FONAREDD sur allocation CAFI et mis en œuvre par l’AFD, a choisi d’appuyer un modèle de production centré sur le palmier à huile, encadré par l’approche des Alliances productives.

     

    Souvent qualifié d’« agroforesterie », ce dispositif correspond en réalité à un système technique plus précis : l’installation progressive de plantations pérennes de palmier à huile, accompagnées durant leurs premières années par des cultures vivrières intercalaires.

     

    Un système dont l’objectif central est la palmeraie

     

     

     

    « Notre priorité, ce n’est pas de maintenir durablement des cultures sous les arbres, mais de réussir l’installation des palmiers », explique l’ingénieur Jean Fernand Mbata Koko, responsable agroéconomiste au sein du PSFD. « Les cultures intercalaires servent surtout à accompagner les producteurs pendant la phase juvénile des palmiers, le temps que ceux-ci atteignent leur maturité. »

     

    Les plantations sont établies selon des normes techniques précises : les palmiers sont plantés à des écartements de 9 mètres sur 7,80 mètres, soit une densité de 143 pieds par hectare. Pendant environ deux ans, cet espacement permet l’introduction de cultures vivrières entre les lignes.

     

     

    Dans ces interlignes, les producteurs cultivent principalement l’arachide, le maïs et le niébé. « Ces cultures nous aident à vivre en attendant que les palmiers commencent à produire », témoigne Madame Ema MUMBELU , productrice à Kikondi. « Nous semons le maïs ou l’arachide, nous vendons une partie, et cela soutient nos familles pendant que nos palmiers grandissent. »

     

    Certaines pratiques sont cependant strictement encadrées. « Le manioc est interdit dans les interlignes, car il épuise fortement le sol et freine la croissance des jeunes palmiers », précise un technicien de terrain. « Nous encourageons uniquement les cultures qui améliorent ou préservent la fertilité. »

     

    Après deux ans en moyenne, l’ombrage des palmiers devient trop important pour permettre la poursuite des cultures vivrières. Le système évolue alors progressivement vers une plantation pérenne spécialisée.

     

    Valoriser les déchets de l’usine pour nourrir les sols

     

     

    Un des aspects techniques les plus innovants du modèle réside dans l’intégration des sous-produits issus de l’usine de transformation de l’huile de palme.

     

     

    «  Nous ne jetons presque rien », explique le gérant de l’usine PREVAC/APM, Jean Pierre Masukesa Kilundu. « Les rafles, les fibres et les effluents sont récupérés et réutilisés pour fertiliser les pépinières et enrichir les parcelles des producteurs. »

     

    Cette pratique permet d’améliorer la qualité des plants, d’apporter de la matière organique aux sols et de réduire les coûts liés aux engrais chimiques. Selon l’agroéconomiste du programme, « l’utilisation de ces déchets industriels transforme un problème environnemental potentiel en une véritable ressource agronomique. Elle profite à la fois aux palmiers et aux cultures intercalaires pendant les premières années. »

     

    Toutefois, l’efficacité réelle de ces apports reste encore peu documentée. Des analyses régulières de sols et un suivi agronomique plus systématique permettraient de mieux mesurer leur impact sur la fertilité à long terme.

     

    Les Alliances productives : sécuriser l’économie du modèle

     

     La dimension organisationnelle est au cœur du dispositif. « Avant, les producteurs étaient dispersés et l’usine manquait de matières premières », reconnaît le directeur de PREVAC/APM. « Grâce aux alliances productives, nous avons pu distribuer des plants, regrouper les producteurs et planifier l’approvisionnement futur. »

     

    Le principe est simple : les producteurs reçoivent un appui technique, des intrants et un encadrement rapproché ; en contrepartie, l’opérateur économique s’engage à acheter leur production dans un cadre contractuel.

     

    Pour l’ingénieur Mbata Koko, « l’alliance productive permet d’aligner tous les maillons : le conseil améliore les pratiques, le contrat sécurise les débouchés, et le suivi géoréférencé garantit une meilleure traçabilité des parcelles. »

    Des réalisations visibles mais des impacts encore à démontrer

     

     

    Au Kwilu, le programme affiche à ce jour :

     

    • 54 alliances productives mises en place,
    • 3 515 hectares de nouvelles plantations géoréférencées,
    • 3 571 bénéficiaires, dont 1 023 femmes.
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    Ces données témoignent d’une dynamique réelle. « Nous voyons déjà le changement », affirme Maman Ema. « Avant, nous devions aller très loin pour cultiver. Aujourd’hui, nous travaillons près du village et nous préparons l’avenir avec nos palmiers. »

     

    Néanmoins, ces chiffres reflètent surtout des réalisations physiques. Les impacts économiques et environnementaux restent encore peu documentés. Plusieurs questions demeurent ouvertes :

     

    • -Quelle est l’évolution réelle des revenus des ménages après l’arrêt des cultures intercalaires ?
    • -Les apports de déchets d’usine améliorent-ils durablement la fertilité des sols ?
    • -Les plantations permettent-elles effectivement de réduire l’ouverture de nouveaux fronts agricoles ?
    • -Comment se comparent les performances des zones appuyées avec celles des zones non appuyées ?

     

    Dans la poursuite du processus de mise en œuvre des activités, le programme prévoit de conduire un ensemble d’études structurées et de mettre en place des indicateurs mesurables permettant de répondre de manière rigoureuse aux questions clés relatives aux impacts socio-économiques et environnementaux du dispositif.

     

    Un dispositif de suivi‑évaluation renforcé sera progressivement opérationnalisé afin de documenter les résultats de manière comparative, d’alimenter la prise de décision et d’assurer une lecture plus fine des effets réels du programme dans les zones d’intervention.

     

    Limites et risques à prendre en compte

     

    Les acteurs eux-mêmes reconnaissent certains défis. « Une plantation de palmier, c’est un engagement sur le long terme », rappelle l’ingénieur du PSFD. « Si l’accompagnement technique s’arrête trop tôt, beaucoup de producteurs peuvent se décourager. »

     

    Plusieurs risques doivent être considérés :

     

    -Dépendance économique : la spécialisation autour d’un seul produit expose les ménages aux fluctuations des prix de l’huile de palme.

    -Réduction progressive des cultures vivrières : après deux ans, les interlignes disparaissent, ce qui peut fragiliser la sécurité alimentaire locale.

    -Exigences techniques élevées : entretien, fertilisation et gestion des parcelles demandent un suivi durable.

    -Impact environnemental incertain : sans contrôle rigoureux, l’extension des palmeraies pourrait encourager de nouveaux défrichements.

     

    Comme le souligne le directeur d’usine, « quand une filière se développe, tout un territoire se met en mouvement. Mais ce mouvement doit être bien encadré pour rester bénéfique à long terme. »

     

    Un modèle prometteur, mais à évaluer dans la durée

     

     

     

    Le système développé au Kwilu doit être décrit avec précision : il s’agit avant tout d’un modèle de plantations de palmier à huile avec cultures intercalaires temporaires, soutenu par des alliances productives et par la valorisation locale des déchets industriels.

     

    Cette approche apporte des réponses concrètes à plusieurs problèmes : restauration progressive des sols, opportunités de revenus, structuration des filières et meilleure intégration des producteurs au marché.

     

    Cependant, comme le résume l’agroéconomiste du programme, « nous avons posé des bases solides, mais le véritable test viendra dans quelques années, quand les palmiers seront en pleine production. »

     

    Pour confirmer son potentiel, le modèle devra désormais s’appuyer sur :

     

    -Un suivi d’impact rigoureux,

    -Des comparaisons avec des zones non appuyées,

    -Des données environnementales plus précises,

    -Et un accompagnement durable des producteurs au-delà de la phase d’installation.

     

    C’est à ces conditions que cette stratégie pourra devenir un véritable levier de développement rural durable pour la province du Kwilu.

    RDC : Les travaux techniques préparatoires pour la révision du NERF se sont tenus à Kinshasa

     

     

    Un atelier stratégique organisé à Kinshasa

     

    Un atelier technique stratégique consacré à la révision du Niveau d’Émissions de Référence des Forêts (NERF/NRF) s’est tenu le 27 janvier 2026 à Kinshasa, à l’initiative du Ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat (MED‑NEC). Cette rencontre marque le début formel d’un processus national majeur qui aura des implications méthodologiques, financières et politiques pour la mise en œuvre du dispositif REDD+.

     

     

     

     

    Un chantier technique à fort enjeu climatique et financier

     

    Le NERF constitue la base de calcul des réductions d’émissions forestières reconnues à l’échelle internationale. Il conditionne notamment l’accès aux paiements basés sur les résultats REDD+. Sa révision dépasse donc un simple ajustement technique : elle engage la crédibilité du pays, la qualité de ses données forestières et sa capacité à mobiliser des financements carbone. L’atelier a réuni une cinquantaine de participants issus de la DIAF, de la DDD, du Secrétariat Général à l’Environnement ainsi que de plusieurs partenaires techniques et financiers, avec une forte implication des experts nationaux.

     

    Objectifs et enjeux du processus de révision

     

    L’objectif principal de l’atelier était de lancer les travaux préparatoires à la révision du NERF. Les échanges se sont appuyés sur les premières analyses du Système National de Surveillance des Forêts (SNSF), de l’Inventaire Forestier National et des initiatives REDD+ existantes. Il s’agissait d’identifier les besoins techniques, les données nécessaires et les approches méthodologiques appropriées pour mener à bien cette révision. La rencontre visait également à mobiliser l’ensemble des parties prenantes et à clarifier les étapes techniques du processus.

     

     

     

    Diagnostic critique du NERF initial : premières limites identifiées

     

    Les discussions ont débuté par un diagnostic approfondi du premier NERF. Les experts de la DIAF et de la DDD ont mis en évidence plusieurs limites, notamment des incertitudes dans certaines séries de données, des incohérences cartographiques, des hypothèses allométriques trop génériques, une couverture partielle des catégories d’utilisation des terres et des besoins d’harmonisation entre données satellites et inventaires. Ces constats orientent les priorités vers une amélioration de la précision cartographique, de la qualité des facteurs d’émission et de la traçabilité méthodologique.

     

     

     

    Alignement méthodologique avec les standards internationaux

     

    Les participants ont rappelé la nécessité d’un alignement strict avec les directives du GIEC pour les inventaires d’émissions. Les échanges ont porté sur les méthodes recommandées, les exigences de transparence, la reproductibilité des calculs et la gestion des incertitudes. Une attention particulière a été accordée au choix d’équations allométriques adaptées aux types forestiers nationaux, à la mise à jour des facteurs d’émission, à la documentation complète des chaînes de traitement et à la compatibilité avec le SNSF, la Stratégie‑Cadre REDD+ et la CDN.

     

    Des données disponibles, mais un besoin de consolidation

     

    Les participants ont souligné la disponibilité de plusieurs atouts techniques, notamment les données de l’Inventaire Forestier National, les avancées du SNSF, les compétences des équipes nationales et l’expérience issue des projets REDD+. Toutefois, un travail de consolidation reste indispensable, incluant le nettoyage des bases de données, la standardisation des formats, le croisement entre inventaire et télédétection, l’amélioration des métadonnées et la mise en place de protocoles d’archivage et d’audit.

     

    Élaboration d’une feuille de route détaillée

     

    À l’issue des analyses, une feuille de route structurée a été élaborée. Elle définit les étapes du processus de révision, les lacunes méthodologiques à combler, les données essentielles à mobiliser, les responsabilités techniques, les ressources nécessaires et le calendrier prévisionnel. Ce document constituera le cadre de référence qui guide désormais la mise en œuvre opérationnelle des prochaines phases.

     

    Perspectives : une révision à haute valeur stratégique

     

    La révision du NERF représente un chantier structurant pour le système climatique forestier de la RDC. Au‑delà de la mise à jour méthodologique, elle vise à renforcer la crédibilité internationale du pays, à améliorer la robustesse scientifique des estimations, à réduire les incertitudes techniques et à optimiser le potentiel de paiements carbone. Elle constitue également une opportunité majeure de renforcement durable des capacités nationales. Le processus entre maintenant dans une phase opérationnelle, centrée sur la consolidation des données et la finalisation des options méthodologiques.

     

    Le Gouverneur du Kwango en séance de travail au FONAREDD sur les perspectives d’appui à la province

     

    Le Secrétaire Exécutif National du Fonds National REDD+ (FONAREDD), M. Bavon N’Sa Mputu Elima, a reçu ce lundi au siège du Secrétariat Exécutif le Gouverneur de la province du Kwango, Monsieur Willy Bitwisila. Cette audience de travail s’inscrit dans la volonté commune d’examiner les perspectives de financement REDD+ en faveur d’une province en attente de la mise en place d’un Programme Intégré REDD+ (PIREDD), malgré son importance stratégique au sein du Grand Bandundu.

     

    Un plaidoyer réaffirmé pour l’inclusion du Kwango dans les programmes REDD+

     

    Le Gouverneur Willy Bitwisila a rappelé qu’il avait répondu à l’Appel à Manifestation d’Intérêt lancé par le FONAREDD il y a quatre ans, dans le cadre du second cadre programmatique ouvert aux organisations nationales pour soumissionner. Le Kwango avait été retenu et avait présenté un projet qui avait donné lieu à plusieurs sessions techniques avec les experts du Fonds.

     

    Il a également souligné que, contrairement aux provinces voisines du Mai-Ndombe et du Kwilu, qui bénéficient chacune d’un PIREDD, le Kwango n’a pas encore bénéficié d’un tel programme, ce qui limite les interventions de développement durable dans une province confrontée à d’importants défis socio-environnementaux.

     

     

    Le FONAREDD précise le contexte institutionnel et les contraintes programmatiques

     

    Le Secrétaire Exécutif a rappelé que le financement assuré par l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI) repose sur un accord gouvernement–bailleurs, structuré autour d’un cadre programmatique. La première phase du deuxième partenariat entre le Gouvernement et CAFI arrive à son terme cette année.

     

    Dans la seconde phase, il a été convenu de financer plusieurs programmes, notamment les PIREDD portés par les agences des pays contributeurs, pour un budget global d’environ 200 millions USD. Cependant, il a rappelé que l’un des défis majeurs réside dans la faible capacité d’absorption des ressources, les ONG nationales n’ayant pas encore un accès direct aux financements, d’où des discussions toujours en cours pour instaurer des mécanismes impliquant des « agences de gestion ».

     

    Les limites du PIREDD RN1 : un programme insuffisant pour répondre aux défis du Kwango profond

     

     

     

    Le Gouverneur Bitwisila a exprimé sa préoccupation concernant le PIREDD RN1, qui n’intervient que sur une partie limitée du territoire de Kenge. Selon lui, cette couverture restreinte ne permet pas de répondre aux défis les plus importants qui se situent dans le Kwango profond, où les besoins en termes de lutte contre la déforestation, d’amélioration des moyens de subsistance et de gouvernance locale sont plus pressants.

     

    Le Secrétaire Exécutif a reconnu la pertinence de cette préoccupation et a encouragé le Gouverneur à formaliser cette doléance auprès du Ministre des Finances, Président du Comité de Pilotage du Fonds.

     

    Recommandations du Secrétaire Exécutif

     

     

    Pour donner une suite pratique aux discussions, le Secrétaire Exécutif a formulé plusieurs recommandations clés :

     

    -Saisir officiellement le Ministre des Finances : Afin de solliciter l’inscription du PIREDD Kwango dans la programmation de l’année en cours.

     

    -Formaliser les préoccupations liées au périmètre limité du PIREDD RN1 : afin de permettre un réajustement ou une extension des interventions.

     

    Alignement avec la seconde phase du partenariat CAFI–RDC: en veillant à ce que les doléances provinciales soient intégrées dans la programmation stratégique nationale.

     

    Le Secrétaire Exécutif a également précisé que cette démarche permettra au Comité de Pilotage d’instruire le FONAREDD pour apporter des éléments de réponse appropriés, officialisant ainsi les préoccupations de la province.

     

    Le Gouverneur Willy Bitwisila salue la clarté des orientations du FONAREDD

     

    À l’issue de l’audience, le Gouverneur Willy Bitwisila a exprimé sa gratitude au Secrétaire Exécutif pour les éclaircissements fournis et s’est engagé à poursuivre les démarches recommandées, notamment en consolidant le plaidoyer provincial auprès du Ministère des Finances.

     

    Cette rencontre marque une étape importante pour la relance du dossier Kwango, ouvrant la voie à une possible intégration de la province dans les futurs programmes REDD+ et à une meilleure prise en compte des besoins des populations.

    Réforme foncière en RDC : échange stratégique entre le FONAREDD et les autorités coutumières

     

    Le 22 janvier 2026, une séance de travail s’est tenue au siège du Secrétariat Exécutif du Fonds National REDD+ (FONAREDD), à Kinshasa/Gombe, entre le Secrétaire Exécutif National, Monsieur Bavon N’SA MPUTU ELIMA, et Sa Majesté MFUMU DIFIMA NTINU, Roi Kongo et Président du Conseil Supérieur de l’Autorité Traditionnelle et Coutumière de la République Démocratique du Congo (CONATC RDC).

     

    Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre du dialogue institutionnel permanent engagé par le FONAREDD avec l’ensemble des parties prenantes nationales, en vue de promouvoir une gouvernance inclusive et concertée des ressources naturelles, conformément aux orientations de la Stratégie Nationale REDD+.

     

     

    Échanges autour de la nouvelle loi foncière

    Les discussions ont porté principalement sur les enjeux liés à la réforme foncière récemment promulguée en République Démocratique du Congo. À cette occasion, Sa Majesté MFUMU DIFIMA NTINU a rappelé l’importance des droits fonciers coutumiers, reconnus par la Constitution de la RDC, ainsi que le rôle central des autorités traditionnelles dans la gestion durable des terres et des ressources locales.

     

    Tout en saluant l’avancée que représente cette nouvelle législation, le Président du CONATC RDC a exprimé certaines préoccupations quant aux risques d’interprétations susceptibles d’affecter les terres ancestrales. Il a plaidé pour la mise en place d’un dispositif d’accompagnement réglementaire, notamment à travers la création d’une commission nationale chargée d’encadrer l’application harmonieuse de la loi et de prévenir toute dérive.

     

     

    À cet égard, Sa Majesté MFUMU DIFIMA NTINU a déclaré : « La réforme foncière constitue une étape importante pour notre pays, mais son application doit impérativement garantir la protection des droits des communautés coutumières et préserver l’équilibre social dans nos territoires. »

     

     

    Demande d’implication du CONATC RDC dans les instances du FONAREDD

     

    Un second axe majeur des échanges a concerné la demande formulée par le CONATC RDC d’intégrer le Comité de Revue des Programmes du FONAREDD. Cette démarche vise à assurer une représentation effective des autorités coutumières dans les mécanismes nationaux de gouvernance climatique et à garantir la prise en compte des intérêts des communautés locales dans la programmation du Fonds et l’instruction des projets et programmes financés par le FONAREDD.

     

    En réponse, le Secrétaire Exécutif National du FONAREDD a rappelé le mandat du Fonds en tant que mécanisme financier au service de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale REDD+. Il a précisé que la composition des organes du FONAREDD est régie par des textes réglementaires spécifiques et que toute modification nécessiterait une révision formelle de ces dispositions.

     

    Monsieur Bavon N’SA MPUTU ELIMA a notamment souligné : « Le FONAREDD est un outil technique et financier au service des politiques publiques nationales. Nous demeurons ouverts au dialogue et à la concertation, dans le respect des cadres réglementaires qui régissent notre fonctionnement. »

     

    Il a par ailleurs mis en exergue le rôle déjà joué par la société civile au sein du Comité de Revue des Programmes et les possibilités de plaidoyer existant au niveau provincial, notamment dans le cadre des Programmes Intégrés REDD+ (PIREDD) et des programmes sectoriels, où les représentants coutumiers peuvent être associés aux instances locales de pilotage.

     

    Perspectives de collaboration renforcée

     

    Conscients de la nécessité de consolider la participation des autorités coutumières aux processus REDD+, les deux parties ont convenu de poursuivre les échanges dans un cadre élargi. À cet effet, il a été proposé l’organisation prochaine d’une rencontre tripartite réunissant le Secrétariat Exécutif du FONAREDD, le CONATC RDC et les représentants de la société civile siégeant au Comité de Revue des Programmes.

     

    Cette concertation aura pour objectif d’évaluer les modalités d’un rapprochement institutionnel et de renforcer la prise en compte des réalités coutumières dans les politiques et programmes climatiques.

     

    Composition des délégations

     

    La séance de travail s’est déroulée en présence de délégations respectives des deux institutions.

    Du côté du FONAREDD, le Secrétaire Exécutif National, Monsieur Bavon N’SA MPUTU ELIMA, était accompagné de :

    • Monsieur Alphonse Mata-Mowangi, Expert Senior en Reporting et Communication ;
    • Monsieur José Mokbondo, Officier de Programmation ;
    • Monsieur Ravel Bilusa, Associé à la Communication.

     

    Pour le CONATC RDC, Sa Majesté MFUMU DIFIMA NTINU, Roi Kongo et Président du Conseil Supérieur de l’Autorité Traditionnelle et Coutumière, était accompagné de son Assistant Chargé de Missions, Son Altesse LINGOLO ITUKA THIERRY, Prince de Befale.

     

    La présence de ces différents responsables et collaborateurs a permis de mener des échanges techniques approfondis et constructifs, favorisant une meilleure compréhension des enjeux et des perspectives de collaboration entre les deux institutions.

     

    Une étape décisive vers une gouvernance inclusive

     

    Cette séance de travail, marquée par un esprit d’écoute mutuelle et de dialogue constructif, constitue une étape significative dans le renforcement de la gouvernance inclusive du secteur forestier et climatique en République Démocratique du Congo.

     

    Elle réaffirme l’engagement du FONAREDD à promouvoir une approche participative associant l’ensemble des acteurs concernés, notamment les autorités coutumières, afin de garantir une mise en œuvre efficace, équitable et durable des initiatives REDD+.

     

     

    À l’issue de la rencontre, le Secrétaire Exécutif National du FONAREDD a réitéré la disponibilité de son institution à travailler étroitement avec le CONATC RDC et l’ensemble des parties prenantes pour consolider la cohérence des interventions climatiques au niveau national.

     

    « La réussite des politiques REDD+ repose sur une collaboration étroite entre institutions publiques, société civile et autorités coutumières. Le FONAREDD continuera à œuvrer pour que cette synergie soit effective au bénéfice des communautés locales et de la préservation des forêts congolaises », a-t-il conclu.

     

    Le FONAREDD demeure ainsi résolument engagé à renforcer le dialogue interinstitutionnel et à promouvoir une gestion durable et inclusive des ressources naturelles, au service du développement durable de la République Démocr

    2ᵉ Réunion du Comité de Pilotage du programme de renforcement de la gouvernance environnementale et sociale dans le secteur extractif

     

    Kinshasa, 28 janvier 2026 — Le Fonds National REDD+ (FONAREDD) a pris part à la deuxième réunion du Comité de Pilotage (COPIL) du programme « Normes », tenue à Kinshasa. Organisée à l’Hôtel Pullman de Kinshasa par la coopération technique allemande (GIZ) dans le cadre du programme DISM II cofinancé par le Gouvernement de la RDC, le FONAREDD et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).

     

    La rencontre a réuni plus de 30 participants, représentant les institutions gouvernementales, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et la société civile.

     

     

    Cette session de pilotage présidée par le Ministère de l’Environnement et Développement Durable (MEDD, avait pour objectifs d’examiner les résultats opérationnels de l’année 2025, de valider les rapports annuels du programme et d’approuver le Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) 2026.

     

     

    Contexte et objectifs du programme « Normes »

     

    Le programme « Normes » vise à renforcer la gouvernance environnementale et sociale dans les secteurs extractifs, en particulier les mines et les hydrocarbures.  Il cherche à améliorer les cadres d’évaluation stratégique, réduire les risques environnementaux et sociaux liés aux investissements publics et privés, et promouvoir des pratiques exploitation responsable et durable des ressources naturelles. Il s’inscrit dans l’alignement des engagements nationaux en matière de gestion durable des ressources naturelles et de protection des forêts.

     

    Progrès opérationnels enregistrés en 2025

     

    Les membres du COPIL ont examiné les principales avancées techniques et administratives réalisées au cours de l’année écoulée. Parmi les résultats présentés :

     

    – La mise en place effective des organes de gouvernance du programme ;

    – La production et la validation du premier rapport narratif annuel ;
    – L’attribution du contrat relatif à l’Étude Environnementale et Sociale Stratégique (ESES) du secteur minier ;
    – Le lancement préparatoire de la procédure d’appel d’offres pour l’ESES du secteur des hydrocarbures.
    – La structuration du dispositif de suivi et de reporting technique.

     

    Les participants ont salué les avancées enregistrées et ont souligné que ces étapes posent les bases méthodologiques nécessaires pour une meilleure intégration des normes environnementales et sociales dans la planification sectorielle.

     

    Défis identifiés et mesures correctives

     

    Les discussions ont également mis en évidence plusieurs contraintes opérationnelles :

    • – des délais prolongés dans certaines procédures de passation de marchés ;
    • – des besoins de coordination technique avec des programmes sectoriels parallèles ;
    • – des insuffisances dans la standardisation des formats de reporting.
    •  

     

    En réponse, le COPIL a recommandé :Les membres du COPIL ont formulé plusieurs recommandations destinées à renforcer la qualité de la planification et du reporting, parmi lesquelles :

     

    1. – L’amélioration de la structure des rapports, incluant des tableaux comparatifs prévisions–réalisations ;
    • – La transmission systématique des documents de référence en amont des sessions;
    • – La clarification des périmètres géographiques et méthodologique des études ESES ;

    – Le renforcement de la coordination interinstitutionnelle Clarification des rôles institutionnels

     

    Les échanges ont insisté sur la nécessité d’une meilleure lisibilité des responsabilités entre acteurs impliqués. Les institutions sectorielles, les agences techniques, les mécanismes de financement et les partenaires d’exécution ont été appelés à formaliser davantage leurs rôles dans la chaîne de validation, de contrôle et de mise en œuvre.

     

    Cette clarification vise à réduire les chevauchements opérationnels et à améliorer la redevabilité.

     

     

    Validation du PTBA 2026 et livrables attendus

     

    Le Comité de Pilotage a validé le PTBA 2026 ainsi que le plan des livrables associés. Les priorités pour l’année à venir incluent :

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    • – La conduite effective des ESES prévues ;
    • – Le renforcement des outils méthodologiques ;
    • – L’amélioration du système de suivi-évaluation ;
    • – L’élargissement de la participation institutionnelle et technique ;
    •  
    • La consolidation des mécanismes de gouvernance environnementale et sociale sectorielle.
    •  

    Perspectives et prochaines étapes

     

    Les prochaines étapes du programme porteront sur la finalisation des études stratégiques, l’harmonisation des référentiels normatifs et le renforcement des capacités des structures nationales impliquées. Un suivi périodique des recommandations du COPIL sera assuré afin d’améliorer la performance d’exécution et la transparence.

     

     

    La réunion s’est conclue sur un engagement partagé des parties prenantes à renforcer la qualité de la gouvernance, la coordination technique et l’efficacité budgétaire du programme. Les participants ont salué donc le climat collaboratif de la session, augurant une mise en œuvre renforcée du programme « Normes » en 2026.

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