


À Kikondi, localité située dans la province du Kwilu, une transformation silencieuse est en marche. Là où la savane avait gagné du terrain, les communautés avaient peu à peu perdu confiance dans le potentiel productif de leurs terres. Parmi celles et ceux qui ont bénéficié de l’accompagnement du Programme, se trouve Madame Ema Mudiay, productrice engagée et témoin d’un renouveau agricole désormais tangible.
Ce changement est rendu possible grâce au Programme d’appui à la mise en valeur durable des zones de savanes et de forêts dégradées (PSFD), financé par le FONAREDD avec l’appui des fonds de l’Initiative CAFI.

Retrouver une terre oubliée
« Quand nous étions petites, ces terres étaient cultivées. Avec le temps, tout est devenu savane, nous avons cessé de les exploiter et sommes parties plus loin dans la forêt pour cultiver, pensant qu’elles n’étaient plus productives. Nous avions oublié que cette terre, ici même, pouvait encore nous nourrir. »
Comme de nombreuses familles, Maman Ema et les autres femmes du village s’étaient progressivement éloignées de leurs terres traditionnelles, convaincues qu’elles n’étaient plus productives. Cette pression accrue sur les forêts environnantes fragilisait à la fois l’environnement et les moyens de subsistance.

Un accompagnement technique décisif
L’intervention du PSFD, financé par le FONAREDD, a marqué un tournant. Grâce à l’appui technique d’un ingénieur agronome mis à disposition du village, les productrices ont redécouvert le potentiel de leurs terres.

« Le projet nous a accompagnées et orientées. Nous avons labouré, semé le maïs, il a trois mois aujourd’hui, et après la récolte, nous planterons le niébé ou le soja. Avant, nous ne faisions la rotation des cultures. Maintenant, nous sommes bien informées. »
L’introduction de pratiques agricoles améliorées, notamment la rotation culturale et l’agroforesterie permet non seulement d’augmenter la productivité, mais aussi de restaurer durablement les écosystèmes de savane.
Investir aujourd’hui pour récolter demain
Autour de son champ, de jeunes palmiers grandissent. Ils symbolisent une vision à long terme.

« Les palmiers que vous voyez nous appartiennent. Dans cinq ans, nous pourrons récolter les fruits et les vendre à l’usine. Cet argent nous aidera à faire vivre nos familles et à payer les frais scolaires.»
À travers l’agroforesterie, les productrices de KIKONDI sécurisent progressivement leurs revenus et réduisent leur dépendance à l’agriculture itinérante. La production est désormais rapprochée des villages, limitant la pression sur les forêts naturelles.
Un impact au-delà des champs

Madame Ema Mudiay,
Pour elle, l’appui reçu a été un véritable tournant car e changement est tangible.
« Notre vie a changé. Nous avons appris des choses que nous ne connaissions pas. Nous avons gagné, gagné, gagné… eeeeeeh ! »
Son témoignage illustre pleinement l’impact du financement du FONAREDD:
restaurer les paysages dégradés, promouvoir une agriculture durable et résiliente, renforcer l’autonomisation économique des femmes, et sécuriser les revenus des ménages ruraux.
À Kikondi, la savane reprend vie et avec elle, l’espoir d’un avenir plus prospère pour les familles.