Mission de suivi du PSFD dans le Kwilu : le FONAREDD constate des avancées significatives et prépare la deuxième phase du programme

Des plantations qui se développent, des pépinières qui se renforcent et des producteurs déjà tournés vers de nouvelles opportunités économiques. C’est le constat dressé par le Fonds National REDD de la République démocratique du Congo (FONAREDD) à l’issue d’une mission de suivi conduite du 24 au 29 juillet 2026 dans la province du Kwilu. Réalisée avec le Secrétariat de CAFI, l’Agence française de développement (AFD) et les équipes du Programme d’appui à la mise en valeur des Savanes et Forêts Dégradées (PSFD), cette mission a permis non seulement de mesurer les progrès réalisés sur le terrain, mais aussi d’identifier les ajustements nécessaires pour consolider les acquis et préparer efficacement la prochaine phase du programme.

 

Une mission stratégique dans un contexte décisif pour le partenariat RDC–CAFI

 

Conduite dans les territoires de Gungu, Idiofa et Bulungu, cette mission a permis au FONAREDD et à ses partenaires d’évaluer l’état d’avancement des activités mises en œuvre dans le cadre du PSFD, de mesurer les résultats obtenus et d’identifier les priorités qui orienteront la deuxième phase du programme.

 

        

 

Présent tout au long de la mission, le Secrétaire Exécutif National du FONAREDD a rappelé que le secteur agricole demeure, selon le Consensus national sur les moteurs de la déforestation, le principal facteur de perte du couvert forestier en République démocratique du Congo. À ce titre, les résultats enregistrés dans le Kwilu revêtent une importance particulière, car ils démontrent qu’il est possible de promouvoir un développement agricole capable d’améliorer les conditions de vie des populations tout en réduisant les pressions exercées sur les forêts.

 

Le Secrétaire Exécutif National a également souligné que cette mission intervient à un moment charnière pour le partenariat entre la RDC et l’Initiative CAFI. Après l’approbation du Rapport des performances du FONAREDD en 2025 par le COPIL politique et alors qu’une évaluation indépendante du Fonds est en cours, les enseignements tirés du terrain contribueront à alimenter les prochaines revues du partenariat ainsi que les discussions sur les futurs investissements REDD+.

 

Des résultats qui confirment la pertinence de l’approche du programme

 

Les observations réalisées sur les différents sites témoignent des progrès enregistrés depuis le lancement du PSFD et illustrent le potentiel des investissements en matière de restauration des paysages et de développement rural.

 

À Katembo, les 110 hectares de plantations de palmiers à huile témoignent de la bonne évolution des plantations mises en place lors de la première phase du programme. Les producteurs ont par ailleurs exprimé leur intérêt pour le développement d’une filière café, signe d’une volonté de diversifier progressivement les activités économiques soutenues par le programme.

 

 

À Kimbungu, les 254 hectares d’acacias associés aux cultures vivrières illustrent l’adoption progressive de systèmes agroforestiers durables. Les pratiques agroécologiques mises en œuvre, notamment l’enfouissement des résidus de récolte, contribuent à restaurer la fertilité des sols tout en améliorant durablement la productivité agricole. Elles démontrent qu’il est possible de concilier restauration des paysages, sécurité alimentaire et amélioration des revenus des ménages.

 

Au village de Luano, les plantations de 170 hectares d’acacias et de 28 hectares d’avocatiers ouvrent également de nouvelles perspectives économiques pour les communautés rurales, tandis qu’à Idiofa, les progrès observés dans la production de plants et les techniques de multiplication végétative des arbres à chenilles (Pentaclethra macrophylla), développés en association avec le fumbwa (Gnetum africanum), renforcent les capacités locales de restauration des paysages.

 

À l’issue des visites, le Secrétaire Exécutif National du FONAREDD s’est déclaré globalement satisfait des résultats observés. Tout en reconnaissant que la mise en œuvre d’un programme d’une telle ampleur comporte inévitablement des défis, il a estimé que les progrès constatés sur le terrain confirment la pertinence des investissements réalisés et offrent une base solide pour la poursuite des interventions.

 

Une deuxième phase construite sur les acquis de la première

 

 

La mission a également permis d’apprécier les préparatifs engagés pour renforcer les interventions dans les prochains mois. Dans le territoire de Bulungu, plusieurs pépinières disposent déjà de milliers de plants destinés à l’aménagement de nouvelles superficies de restauration.

 

À l’échelle du programme, le mécanisme Top-Up prévoit la mise en place de 1 450 hectares supplémentaires, dont 700 hectares dans la province du Kwilu. Cette montée en puissance traduit la volonté de capitaliser sur les acquis de la première phase et de concentrer les investissements sur des approches ayant déjà démontré leur efficacité. Elle témoigne également de la confiance des partenaires dans la capacité du programme à produire des impacts durables sur les paysages et les moyens de subsistance des populations rurales.

 

Des communautés au cœur de la dynamique de restauration

 

 

Les échanges avec les bénéficiaires ont confirmé l’intérêt des communautés pour les approches promues par le PSFD. À Kimbungu, plusieurs producteurs ont notamment souligné que les alliances productives renforcent leurs capacités techniques, favorisent l’adoption de pratiques agricoles plus durables et contribuent à l’amélioration de leurs revenus.

 

Les communautés ont également salué la présence du FONAREDD, du Secrétariat de la CAFI et des partenaires sur le terrain. Cette proximité renforce le dialogue avec les bénéficiaires et permet de mieux adapter les interventions aux réalités locales, condition essentielle pour garantir la durabilité des investissements réalisés.

 

Les enseignements du terrain au service des décisions nationales

 

Au-delà des réalisations techniques, le Secrétaire Exécutif National a insisté sur le fait que les résultats observés dans le Kwilu devront nourrir les prochaines discussions avec les autorités nationales, notamment avec le ministère de l’Agriculture. L’objectif est de faire remonter les réalités du terrain afin que les politiques publiques et les futurs investissements tiennent davantage compte des besoins exprimés par les producteurs et des enseignements issus des programmes financés par le partenariat RDC-CAFI.

 

Cette approche illustre la vocation du FONAREDD : non seulement financer des programmes, mais également capitaliser les expériences, accompagner les réformes sectorielles et renforcer le dialogue entre les acteurs nationaux et les communautés bénéficiaires.

 

Restaurer les paysages pour transformer durablement les territoires

 

Cette mission illustre l’importance du suivi de proximité dans la mise en œuvre des programmes financés par le FONAREDD. Au-delà de la vérification des réalisations physiques, elle constitue un véritable outil d’aide à la décision permettant d’identifier les bonnes pratiques, d’anticiper les difficultés et d’orienter les ajustements nécessaires avant le déploiement de la deuxième phase.

 

En consolidant les acquis de la première phase et en préparant les futurs investissements, le FONAREDD entend s’appuyer sur les enseignements issus du terrain pour renforcer l’efficacité des programmes qu’il finance. La mission du Kwilu illustre ainsi la volonté du Fonds de faire des résultats obtenus auprès des communautés un levier d’amélioration continue, au service de la lutte contre la déforestation, de la restauration des paysages et du développement rural durable en République démocratique du Congo.

 

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