


Le Secrétaire Exécutif National du Fonds National REDD+ (FONAREDD), M. Bavon N’Sa Mputu Elima, a reçu ce lundi au siège du Secrétariat Exécutif le Gouverneur de la province du Kwango, Monsieur Willy Bitwisila. Cette audience de travail s’inscrit dans la volonté commune d’examiner les perspectives de financement REDD+ en faveur d’une province en attente de la mise en place d’un Programme Intégré REDD+ (PIREDD), malgré son importance stratégique au sein du Grand Bandundu.
Un plaidoyer réaffirmé pour l’inclusion du Kwango dans les programmes REDD+
Le Gouverneur Willy Bitwisila a rappelé qu’il avait répondu à l’Appel à Manifestation d’Intérêt lancé par le FONAREDD il y a quatre ans, dans le cadre du second cadre programmatique ouvert aux organisations nationales pour soumissionner. Le Kwango avait été retenu et avait présenté un projet qui avait donné lieu à plusieurs sessions techniques avec les experts du Fonds.
Il a également souligné que, contrairement aux provinces voisines du Mai-Ndombe et du Kwilu, qui bénéficient chacune d’un PIREDD, le Kwango n’a pas encore bénéficié d’un tel programme, ce qui limite les interventions de développement durable dans une province confrontée à d’importants défis socio-environnementaux.

Le FONAREDD précise le contexte institutionnel et les contraintes programmatiques
Le Secrétaire Exécutif a rappelé que le financement assuré par l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI) repose sur un accord gouvernement–bailleurs, structuré autour d’un cadre programmatique. La première phase du deuxième partenariat entre le Gouvernement et CAFI arrive à son terme cette année.
Dans la seconde phase, il a été convenu de financer plusieurs programmes, notamment les PIREDD portés par les agences des pays contributeurs, pour un budget global d’environ 200 millions USD. Cependant, il a rappelé que l’un des défis majeurs réside dans la faible capacité d’absorption des ressources, les ONG nationales n’ayant pas encore un accès direct aux financements, d’où des discussions toujours en cours pour instaurer des mécanismes impliquant des « agences de gestion ».
Les limites du PIREDD RN1 : un programme insuffisant pour répondre aux défis du Kwango profond

Le Gouverneur Bitwisila a exprimé sa préoccupation concernant le PIREDD RN1, qui n’intervient que sur une partie limitée du territoire de Kenge. Selon lui, cette couverture restreinte ne permet pas de répondre aux défis les plus importants qui se situent dans le Kwango profond, où les besoins en termes de lutte contre la déforestation, d’amélioration des moyens de subsistance et de gouvernance locale sont plus pressants.
Le Secrétaire Exécutif a reconnu la pertinence de cette préoccupation et a encouragé le Gouverneur à formaliser cette doléance auprès du Ministre des Finances, Président du Comité de Pilotage du Fonds.
Recommandations du Secrétaire Exécutif

Pour donner une suite pratique aux discussions, le Secrétaire Exécutif a formulé plusieurs recommandations clés :
-Saisir officiellement le Ministre des Finances : Afin de solliciter l’inscription du PIREDD Kwango dans la programmation de l’année en cours.
-Formaliser les préoccupations liées au périmètre limité du PIREDD RN1 : afin de permettre un réajustement ou une extension des interventions.
Alignement avec la seconde phase du partenariat CAFI–RDC: en veillant à ce que les doléances provinciales soient intégrées dans la programmation stratégique nationale.
Le Secrétaire Exécutif a également précisé que cette démarche permettra au Comité de Pilotage d’instruire le FONAREDD pour apporter des éléments de réponse appropriés, officialisant ainsi les préoccupations de la province.
Le Gouverneur Willy Bitwisila salue la clarté des orientations du FONAREDD
À l’issue de l’audience, le Gouverneur Willy Bitwisila a exprimé sa gratitude au Secrétaire Exécutif pour les éclaircissements fournis et s’est engagé à poursuivre les démarches recommandées, notamment en consolidant le plaidoyer provincial auprès du Ministère des Finances.
Cette rencontre marque une étape importante pour la relance du dossier Kwango, ouvrant la voie à une possible intégration de la province dans les futurs programmes REDD+ et à une meilleure prise en compte des besoins des populations.