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    Après Bandundu-Ville, le FONAREDD poursuit le suivi opérationnel du projet PROMIS-2 sur l’axe Kikwit–Masimanimba

    Dans le cadre du suivi du projet PROMIS-2 dans la province du Kwilu, le Fonds National REDD (FONAREDD), à travers son Secrétariat Exécutif, a pris part du 04 au 09 mai 2026 à une mission conjointe de terrain sur l’axe Kikwit–Masimanimba, aux côtés de MSI et de la Coordination nationale de la Santé de la Reproduction, de la Mère et de l’Enfant (CPSR).

     

    Cette mission constitue la seconde phase du processus de suivi engagé par le FONAREDD dans le Kwilu après une première étape conduite à Bandundu-Ville du 20 au 24 avril 2026. Cette première phase avait permis de renforcer la visibilité du programme auprès des autorités provinciales et des acteurs du secteur de la santé, tout en réaffirmant l’engagement du partenariat RDC-CAFI dans la poursuite des investissements REDD+ dans la province après la clôture du PIREDD Kwilu.

    Alors que les échanges de Bandundu-Ville avaient principalement porté sur les enjeux institutionnels, la coordination des acteurs et les défis structurels du secteur, la mission de Kikwit – Masimanimba était davantage orientée vers les réalités opérationnelles du terrain, notamment l’offre effective des services de planification familiale, la disponibilité des intrants contraceptifs et le fonctionnement des dispositifs logistiques et de coordination provinciale.

     

    Une offre de planification familiale encore fragile

     

    Les visites réalisées dans les structures sanitaires des zones de santé de Kikwit Nord et Kikwit Sud ont permis de constater que les services de planification familiale sont effectivement intégrés dans les établissements visités. Toutefois, leur couverture demeure encore limitée et inégalement répartie.

     

    MSI, principal partenaire opérationnel de PROMIS-2 sur cet axe, assure actuellement un paquet complet d’interventions comprenant la création de la demande, l’offre des services, la supervision, le monitorage ainsi que l’approvisionnement jusqu’au dernier kilomètre.

    Cependant, son intervention ne couvre qu’une partie restreinte des formations sanitaires dans les deux zones de santé.

     

    La mission a également relevé plusieurs contraintes susceptibles d’affecter la continuité des services, notamment les risques de rupture de certains contraceptifs essentiels tels que le Jadel, l’Implanon NXT et le Novoplan. D’autres défis concernent la qualité des prestations, avec un counseling parfois incomplet, des outils de planification familiale insuffisamment actualisés, ainsi qu’un suivi communautaire encore irrégulier.

     

    Ces constats confirment plusieurs préoccupations déjà identifiées lors de la première mission à Bandundu-Ville, notamment la fragilité de l’offre de services de planification familiale dans la province et les risques liés au désengagement progressif de certains partenaires historiquement actifs dans le secteur.

     

    La chaîne logistique au cœur des enjeux de disponibilité des intrants

     

    La mission a également permis d’évaluer le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement des intrants contraceptifs dans le Kwilu. Les équipes ont notamment visité la Centrale de Distribution Régionale de Médicaments (CAMEBASU) de Kikwit, construite avec l’appui de l’UNICEF et d’Enabel.

     

    Avec une capacité importante de stockage, cette infrastructure constitue un levier stratégique pour sécuriser la conservation des intrants, renforcer leur traçabilité et améliorer l’acheminement jusqu’aux structures sanitaires périphériques.

     

    Cependant, la mission a constaté que le potentiel de cette infrastructure reste encore sous-utilisé. À ce jour, seul le partenaire DKT dispose d’un contrat formel d’entreposage avec la centrale, tandis que certains partenaires continuent d’utiliser des circuits parallèles d’approvisionnement, limitant ainsi les mécanismes de contrôle qualité et de suivi des stocks par les zones de santé.

     

    Renforcer la coordination pour améliorer l’efficacité des interventions

     

    Les travaux organisés à Kikwit ont également permis d’aborder les enjeux de coordination des interventions en planification familiale dans la province. Les échanges ont mis en évidence plusieurs chevauchements entre les appuis de PROMIS-2 et ceux d’autres partenaires présents dans le Kwilu, notamment certaines interventions soutenues dans le cadre du PMNS/PDSS financé par la Banque mondiale.

     

    Face à cette situation, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes provinciaux d’alignement et de concertation afin d’assurer une couverture plus cohérente et équilibrée des zones de santé. Une attention particulière a été portée au rôle du Comité Technique Multisectoriel Permanent de Planification Familiale (CTMP-PF), identifié comme cadre stratégique de plaidoyer, de dialogue et d’harmonisation des interventions entre partenaires techniques et financiers.

     

    Cette problématique de coordination avait déjà été soulevée lors de la mission précédente à Bandundu-Ville, où le FONAREDD avait relevé les limites de fonctionnement du CTMP-PF, notamment l’irrégularité des réunions et la faible mobilisation des partenaires autour des mécanismes provinciaux de concertation.

     

    Perspectives opérationnelles

     

    À l’issue de la mission, plusieurs pistes d’action ont été retenues afin de renforcer l’efficacité et la durabilité des interventions du projet PROMIS-2 dans le Kwilu.

     

    Les partenaires entendent notamment accélérer le déploiement effectif de DKT et de Tulane University dans les zones encore faiblement couvertes, tout en élargissant progressivement les interventions vers d’autres formations sanitaires.

     

    Un accent particulier sera également mis sur la sécurisation des intrants contraceptifs à travers une meilleure exploitation des capacités de la CAMEBASU et le renforcement du rôle des zones de santé dans le contrôle qualité et le suivi logistique.

     

    Les partenaires ont par ailleurs recommandé une harmonisation plus poussée de la cartographie des interventions sous la coordination du Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR) et de la Division Provinciale de la Santé (DPS), afin de réduire les chevauchements et de renforcer la cohérence des appuis dans la province.

     

    Enfin, des efforts supplémentaires seront engagés pour améliorer la qualité des prestations offertes aux populations, notamment à travers le renforcement du counseling, la mise à jour des outils de collecte des données et le suivi régulier des activités communautaires.

     

    À propos du projet PROMIS-2

     

    Le projet PROMIS-2 est un programme soutenu par le Fonds National REDD de la RDC (FONAREDD) avec l’appui de l’UNOPS et de l’UNFPA. Il est mis en œuvre par un consortium d’organisations internationales et nationales composé de Tulane University, DKT International, MSI Reproductive Choices, ABEF-ND et SANRU.

     

    Déployé dans 12 provinces de la République Démocratique du Congo, PROMIS-2 s’inscrit dans l’alignement des priorités du Gouvernement congolais en matière de santé reproductive, de gratuité de la maternité et d’accès des filles à l’éducation.

     

    Le projet vise notamment à renforcer l’accès des populations aux services de planification familiale, améliorer la disponibilité des intrants contraceptifs, soutenir les mécanismes provinciaux de coordination sanitaire et contribuer au bien-être des femmes, des jeunes filles et des communautés.

     

    Doté d’un budget global de 58 millions de dollars américains, PROMIS-2 est mis en œuvre sur une période de quatre ans, du 14 avril 2025 au 13 avril 2029. À ce jour, un montant de 22,5 millions de dollars américains a déjà été décaissé pour soutenir le déploiement progressif des activités dans les provinces ciblées.

     

    À travers cette initiative, le FONAREDD et ses partenaires entendent contribuer à l’amélioration durable des indicateurs de santé reproductive en RDC, tout en renforçant la résilience communautaire et l’accès des populations aux services sociaux essentiels.

    Aménagement du territoire en RDC : le FONAREDD et ses partenaires engagent une réflexion stratégique sur la conversion des PGRN en PSAT.

    Une réforme territoriale qui redéfinit les outils de gouvernance locale

     

     

    Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire en République Démocratique du Congo, les dispositifs locaux de gestion des espaces ruraux connaissent une phase importante de réajustement institutionnel. Parmi les principaux enjeux figure la place des Plans de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN), largement développés ces dernières années dans le cadre des programmes de développement rural, de conservation et de gouvernance communautaire.

     

     

    Bien qu’ayant permis de structurer localement certaines dynamiques de gestion participative des ressources naturelles, les PGRN ne figurent pas explicitement parmi les instruments reconnus par le nouveau cadre légal de l’aménagement du territoire. Cette situation soulève désormais la nécessité de réfléchir à leur adaptation ou à leur conversion en Plans Simples d’Aménagement du Territoire (PSAT), outils désormais appelés à jouer un rôle central dans la planification spatiale locale.

     

    Au-delà d’une simple question technique, cette transition interroge la capacité des réformes territoriales à préserver les acquis communautaires déjà construits sur le terrain, tout en assurant leur conformité avec les nouvelles orientations nationales de gouvernance foncière et territoriale.

     

    Un atelier multi-acteurs pour harmoniser les approches méthodologiques

     

    C’est dans cette perspective que le Fonds National REDD (FONAREDD), en collaboration avec le WWF, l’UNOPS et plusieurs partenaires techniques, a organisé le 30 avril 2026 à Kinshasa un atelier de cadrage méthodologique consacré à la mise en place des PSAT et à la conversion des PGRN dans le cadre du Programme Intégré REDD+ Plateau (PIREDD-Plateau).

     

    Organisée dans la salle des réunions du WWF-RDC, la rencontre a réuni des représentants du FONAREDD, du WWF, de l’UNOPS, de l’Agence Nationale d’Aménagement du Territoire (ANAT), de la Task-Force Aménagement du Territoire, ainsi que plusieurs agences d’exécution, experts techniques et organisations de la société civile. Dix-sept participants ont pris part aux travaux en présentiel, tandis que cinq autres y ont participé à distance.

     

    L’objectif principal de l’atelier était d’harmoniser les approches méthodologiques relatives à l’élaboration des PSAT, tout en examinant les modalités de valorisation des acquis issus des PGRN déjà élaborés dans les zones d’intervention du programme.

     

    Entre continuité communautaire et exigences institutionnelles

     

    Au cours des travaux, le WWF a rappelé les objectifs du programme, notamment l’intégration des dimensions environnementales, sécuritaires et de gouvernance dans les outils de planification territoriale.

     

    Sous la facilitation du Secrétariat Exécutif du FONAREDD, l’organisation AGREN a présenté un projet de note méthodologique relatif à la conversion des PGRN en PSAT, mettant en évidence les convergences mais également les différences structurelles entre les deux instruments.

     

    Les échanges ont montré que la réflexion dépasse largement le cadre administratif. Pour plusieurs participants, l’enjeu principal consiste à éviter que les futurs PSAT ne soient conçus comme de simples outils réglementaires déconnectés des réalités locales. Les PGRN constituent aujourd’hui des référentiels importants pour de nombreuses communautés rurales, notamment en matière de gestion des espaces agricoles, forestiers et coutumiers.

     

    La question centrale devient donc celle de l’articulation entre les dynamiques communautaires déjà existantes et les nouveaux impératifs de structuration territoriale imposés par la réforme nationale.

     

    Des défis techniques et fonciers au cœur des discussions

     

    Les participants ont également identifié plusieurs défis susceptibles d’influencer la réussite du processus. Parmi les préoccupations soulevées figurent notamment la qualité et l’actualisation des données territoriales, le choix des outils cartographiques, la gestion des conflits locaux ainsi que la sensibilité des questions foncières dans les processus de consultation communautaire.

     

    Les discussions ont insisté sur la nécessité d’adopter une communication claire et adaptée aux communautés locales afin d’éviter les incompréhensions autour des nouveaux outils de planification. Dans plusieurs territoires, les enjeux fonciers demeurent particulièrement sensibles et peuvent rapidement devenir des facteurs de tensions si les mécanismes de concertation ne sont pas suffisamment inclusifs.

     

    Les échanges ont également mis en lumière l’importance d’une meilleure coordination entre les différents programmes intervenant sur les mêmes espaces, afin d’éviter les chevauchements méthodologiques et les incohérences dans les données produites.

     

    Une approche pragmatique saluée par les experts

     

    Parmi les temps forts de l’atelier figurent les discussions approfondies sur les défis méthodologiques, la mise en avant des enjeux de gouvernance locale ainsi que la fixation d’un calendrier pour la poursuite des travaux.

     

    Le Professeur Kabamba Kabata, Directeur Chef des Services et Expert Senior de la Task-Force Aménagement du Territoire, a salué l’initiative portée par le FONAREDD et ses partenaires tout en plaidant pour une approche pragmatique fondée sur la capitalisation des acquis existants.

     

    Selon lui, « il serait préférable d’aborder l’élaboration des Plans Simples d’Aménagement du Territoire (PSAT) en considérant les données des Plans de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN) actualisées au niveau communautaire comme des acquis, plutôt que de chercher à convertir les PGRN en PSAT ».

     

    Cette position traduit une orientation de plus en plus partagée dans les débats actuels sur la gouvernance territoriale : celle d’une réforme progressive capable de s’appuyer sur les expériences locales déjà éprouvées plutôt que de substituer entièrement les dispositifs existants.

     

    Des perspectives orientées vers la sécurisation foncière et la gouvernance territoriale

     

    À l’issue des travaux, plusieurs résultats immédiats ont été enregistrés, notamment une harmonisation accrue de la compréhension méthodologique entre les parties prenantes, l’identification des principaux défis techniques et organisationnels ainsi qu’un engagement collectif à finaliser la note méthodologique dans les délais convenus.

     

    Les participants ont également convenu d’organiser une séance spécifique consacrée à la sécurisation foncière, thématique considérée comme essentielle dans le processus de mise en œuvre des futurs PSAT.

     

    Parmi les recommandations formulées figurent notamment le renforcement des équipes de terrain, l’amélioration du partage des données entre programmes, l’intégration des organes locaux de gouvernance territoriale ainsi qu’une meilleure prise en compte des évolutions doctrinales liées à la foresterie communautaire et à la gouvernance foncière.

     

    Le FONAREDD au cœur des dynamiques de coordination territoriale

     

    À travers cette initiative, le FONAREDD confirme son rôle de plateforme de coordination stratégique des réformes territoriales et environnementales en République Démocratique du Congo. Dans un contexte où les enjeux climatiques, fonciers et de développement local deviennent de plus en plus interdépendants, l’harmonisation des outils de planification apparaît comme une condition essentielle pour renforcer la cohérence des interventions sur le terrain.

     

    L’atelier de Kinshasa marque ainsi une étape importante dans la réflexion nationale sur l’avenir des outils locaux de gouvernance des ressources naturelles et leur intégration dans le nouveau dispositif institutionnel de l’aménagement du territoire.

     

FORET

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