AGRICULTURE

L’agriculture constitue d’ores et déjà le principal moteur direct de la déforestation. Présentement cette pression sur la forêt est due principalement à l’agriculture vivrière sur brûlis. En effet, dans les zones à densités humaines faibles et moyennes, majoritaires dans le pays, l’agriculture n’est réalisée que sur défriche de forêt ou de jachère, la détruisant progressivement et laissant derrière elle la savane anthropique.

Ce n’est que lorsque la forêt est totalement détruite que la savane est mise en valeur, mais non sans migration vers les zones forestières où les rendements sont plus élevés et les temps de travaux moindres. Si l’impact de l’agriculture vivrière sur brûlis est très limité dans les zones de faible densité de population, l’impact devient particulièrement important dans les zones à plus forte pression démographique (croissance démographique forte, migrations internes, main d’œuvre permanente ou temporaire facilement disponible du fait d’un centre urbain proche, etc.).

Ainsi, l’agriculture sur brûlis autour des grands et moyens centres urbains et le long des axes de communication important (fleuve Congo, etc.) et les causes sous-jacentes de son expansion, devraient faire l’objet d’une attention toute particulière. L’enjeu de toute évolution durable de l’agriculture en RDC consiste à moins consommer la forêt et à mieux utiliser les savanes. Le Plan d’Investissement REDD+ de la RDC vise à examiner et à appuyer les modalités pour ce faire, notamment au niveau local dans le cadre de véritables partenariats avec les communautés locales, peuples autochtones et les autres acteurs locaux, en appuyant de manière adaptée et spécifique l’évolution des systèmes de culture envisageables.

De telles évolutions ont déjà été expérimentées et se développent à échelle encore timide : (i) l’agroforesterie en savane ayant vocation à favoriser la durabilité de la production agricole et du bois énergie, (ii) le développement des cultures pérennes qui fixent l’agriculture de rente (là où les cultures vivrières à forte consommation en terres de forêt sont en réalité la seule source de revenu monétaire) et mobilisent une main-d’œuvre plus importante, (iii) le développement de l’agriculture vivrière mécanisée en savanes aujourd’hui abandonnées et (iv) la diffusion des variétés améliorées sont autant de pistes qui peuvent, moyennant des appuis bien ciblés diminuer le tribut payé par les forêts à l’agriculture congolaise.

Le développement de l’agriculture, essentiel en RDC dans un contexte d’insécurité alimentaire et de malnutrition généralisées et chroniques, ne pourra qu’accroitre encore l’impact de l’agriculture dans l’avenir s’il se fait suivant un scénario tendanciel, à l’image de nombreux pays de la sous-région ou du reste du monde. Les nombreux investissements actuels ou projetés n’intègrent d’ailleurs pas ou que très marginalement les considérations, stratégiques pour la REDD+, d’orientation spatiale (en lien avec l’aménagement du territoire) et d’itinéraires techniques pouvant contribuer à réduire leur impact sur les forêts (impact direct ou lié à « l’effet rebond »). Il apparait donc essentiel d’inclure des programmes portant notamment sur l’intégration effective des préoccupations REDD+ dans les projets et programmes agricoles des divers partenaires au développement (alignement), y compris au travers de l’accompagnement de la définition des textes d’application de la loi agricole dans une logique REDD+.

Il est également crucial d’appuyer la recherche appliquée et une réflexion stratégique sur le développement des diverses cultures pérennes, actuelles ou à fort potentiel (ex : le cacao), dans une logique de développement des filières prenant en compte les forêts et l’adaptation au changement climatique de manière systématique, y compris au travers de certifications vertes et des principes de l’agriculture « climato-intelligente » (« climate-smart agriculture »). De manière à orienter les investissements agricoles et limiter les risques d’effet rebond, ce pilier sera intimement lié au chantier aménagement du territoire, que ce soit au niveau stratégique national ou dans le cadre des programmes intégrés (appuis conditionnés au respect d’un plan de zonage).

Au-delà de l’accompagnement des pratiques d’agriculture sur brulis et de diffusion des bonnes pratiques agricoles, ce programme visera à stabiliser l’agriculture par la « reconquête » des savanes au travers des cultures pérennes mobilisant et fixant la main-d’œuvre. Un dialogue de politique devra être réalisé, notamment dans le cadre des programmes Agriculture et Aménagement du territoire, quant à l’orientation spatiale des cultures pérennes à caractère industriel, en particulier en rapport avec les zones de forêts primaires intactes. Compte-tenu des enjeux majeurs pour le secteur, ce chantier devra par ailleurs être fortement lié au chantier de réforme foncière.

Réalisations phares cumulatives fin 2021

  • Draft 1 de la Politique Nationale Agricole Durable
  • Diagnostic sur les enjeux majeurs du secteur agricole
  • Site web du ministère d’agriculture opérationnel
  • Postes sentinelles de suivi des événements majeurs de déforestation dans cinq territoires.
  • Un rapport produit sur les Evènements Majeurs de Déforestation (EMD) 2019
  • Portail Web SNSF est opérationnel et disponible via http://www.rdc-snsf.org/portal/ et son interface du nouveau portail est plus conviviale
  • Les couches des Évènements Majeur de Déforestation (EMD) 2017, 2018 et 2019 disponibles et publié sur le portail web SNSF 
  • Dispositifs d’encadrement agricole et de production/distribution d’intrant agricole opérationnels dans tous les PIREDD
  • 3 406 ha de plantations dans les zones forestières et 2 919 ha de plantations en zones savanicoles plus arbres fruitiers.
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