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Après Bandundu-Ville, le FONAREDD poursuit le suivi opérationnel du projet PROMIS-2 sur l’axe Kikwit–Masimanimba

Dans le cadre du suivi du projet PROMIS-2 dans la province du Kwilu, le Fonds National REDD (FONAREDD), à travers son Secrétariat Exécutif, a pris part du 04 au 09 mai 2026 à une mission conjointe de terrain sur l’axe Kikwit–Masimanimba, aux côtés de MSI et de la Coordination nationale de la Santé de la Reproduction, de la Mère et de l’Enfant (CPSR).
Cette mission constitue la seconde phase du processus de suivi engagé par le FONAREDD dans le Kwilu après une première étape conduite à Bandundu-Ville du 20 au 24 avril 2026. Cette première phase avait permis de renforcer la visibilité du programme auprès des autorités provinciales et des acteurs du secteur de la santé, tout en réaffirmant l’engagement du partenariat RDC-CAFI dans la poursuite des investissements REDD+ dans la province après la clôture du PIREDD Kwilu.

Alors que les échanges de Bandundu-Ville avaient principalement porté sur les enjeux institutionnels, la coordination des acteurs et les défis structurels du secteur, la mission de Kikwit – Masimanimba était davantage orientée vers les réalités opérationnelles du terrain, notamment l’offre effective des services de planification familiale, la disponibilité des intrants contraceptifs et le fonctionnement des dispositifs logistiques et de coordination provinciale.
Une offre de planification familiale encore fragile
Les visites réalisées dans les structures sanitaires des zones de santé de Kikwit Nord et Kikwit Sud ont permis de constater que les services de planification familiale sont effectivement intégrés dans les établissements visités. Toutefois, leur couverture demeure encore limitée et inégalement répartie.
MSI, principal partenaire opérationnel de PROMIS-2 sur cet axe, assure actuellement un paquet complet d’interventions comprenant la création de la demande, l’offre des services, la supervision, le monitorage ainsi que l’approvisionnement jusqu’au dernier kilomètre.
Cependant, son intervention ne couvre qu’une partie restreinte des formations sanitaires dans les deux zones de santé.
La mission a également relevé plusieurs contraintes susceptibles d’affecter la continuité des services, notamment les risques de rupture de certains contraceptifs essentiels tels que le Jadel, l’Implanon NXT et le Novoplan. D’autres défis concernent la qualité des prestations, avec un counseling parfois incomplet, des outils de planification familiale insuffisamment actualisés, ainsi qu’un suivi communautaire encore irrégulier.
Ces constats confirment plusieurs préoccupations déjà identifiées lors de la première mission à Bandundu-Ville, notamment la fragilité de l’offre de services de planification familiale dans la province et les risques liés au désengagement progressif de certains partenaires historiquement actifs dans le secteur.
La chaîne logistique au cœur des enjeux de disponibilité des intrants
La mission a également permis d’évaluer le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement des intrants contraceptifs dans le Kwilu. Les équipes ont notamment visité la Centrale de Distribution Régionale de Médicaments (CAMEBASU) de Kikwit, construite avec l’appui de l’UNICEF et d’Enabel.
Avec une capacité importante de stockage, cette infrastructure constitue un levier stratégique pour sécuriser la conservation des intrants, renforcer leur traçabilité et améliorer l’acheminement jusqu’aux structures sanitaires périphériques.
Cependant, la mission a constaté que le potentiel de cette infrastructure reste encore sous-utilisé. À ce jour, seul le partenaire DKT dispose d’un contrat formel d’entreposage avec la centrale, tandis que certains partenaires continuent d’utiliser des circuits parallèles d’approvisionnement, limitant ainsi les mécanismes de contrôle qualité et de suivi des stocks par les zones de santé.
Renforcer la coordination pour améliorer l’efficacité des interventions
Les travaux organisés à Kikwit ont également permis d’aborder les enjeux de coordination des interventions en planification familiale dans la province. Les échanges ont mis en évidence plusieurs chevauchements entre les appuis de PROMIS-2 et ceux d’autres partenaires présents dans le Kwilu, notamment certaines interventions soutenues dans le cadre du PMNS/PDSS financé par la Banque mondiale.
Face à cette situation, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes provinciaux d’alignement et de concertation afin d’assurer une couverture plus cohérente et équilibrée des zones de santé. Une attention particulière a été portée au rôle du Comité Technique Multisectoriel Permanent de Planification Familiale (CTMP-PF), identifié comme cadre stratégique de plaidoyer, de dialogue et d’harmonisation des interventions entre partenaires techniques et financiers.
Cette problématique de coordination avait déjà été soulevée lors de la mission précédente à Bandundu-Ville, où le FONAREDD avait relevé les limites de fonctionnement du CTMP-PF, notamment l’irrégularité des réunions et la faible mobilisation des partenaires autour des mécanismes provinciaux de concertation.
Perspectives opérationnelles
À l’issue de la mission, plusieurs pistes d’action ont été retenues afin de renforcer l’efficacité et la durabilité des interventions du projet PROMIS-2 dans le Kwilu.
Les partenaires entendent notamment accélérer le déploiement effectif de DKT et de Tulane University dans les zones encore faiblement couvertes, tout en élargissant progressivement les interventions vers d’autres formations sanitaires.
Un accent particulier sera également mis sur la sécurisation des intrants contraceptifs à travers une meilleure exploitation des capacités de la CAMEBASU et le renforcement du rôle des zones de santé dans le contrôle qualité et le suivi logistique.
Les partenaires ont par ailleurs recommandé une harmonisation plus poussée de la cartographie des interventions sous la coordination du Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR) et de la Division Provinciale de la Santé (DPS), afin de réduire les chevauchements et de renforcer la cohérence des appuis dans la province.
Enfin, des efforts supplémentaires seront engagés pour améliorer la qualité des prestations offertes aux populations, notamment à travers le renforcement du counseling, la mise à jour des outils de collecte des données et le suivi régulier des activités communautaires.
À propos du projet PROMIS-2
Le projet PROMIS-2 est un programme soutenu par le Fonds National REDD de la RDC (FONAREDD) avec l’appui de l’UNOPS et de l’UNFPA. Il est mis en œuvre par un consortium d’organisations internationales et nationales composé de Tulane University, DKT International, MSI Reproductive Choices, ABEF-ND et SANRU.
Déployé dans 12 provinces de la République Démocratique du Congo, PROMIS-2 s’inscrit dans l’alignement des priorités du Gouvernement congolais en matière de santé reproductive, de gratuité de la maternité et d’accès des filles à l’éducation.
Le projet vise notamment à renforcer l’accès des populations aux services de planification familiale, améliorer la disponibilité des intrants contraceptifs, soutenir les mécanismes provinciaux de coordination sanitaire et contribuer au bien-être des femmes, des jeunes filles et des communautés.
Doté d’un budget global de 58 millions de dollars américains, PROMIS-2 est mis en œuvre sur une période de quatre ans, du 14 avril 2025 au 13 avril 2029. À ce jour, un montant de 22,5 millions de dollars américains a déjà été décaissé pour soutenir le déploiement progressif des activités dans les provinces ciblées.
À travers cette initiative, le FONAREDD et ses partenaires entendent contribuer à l’amélioration durable des indicateurs de santé reproductive en RDC, tout en renforçant la résilience communautaire et l’accès des populations aux services sociaux essentiels.

Aménagement du territoire en RDC : le FONAREDD et ses partenaires engagent une réflexion stratégique sur la conversion des PGRN en PSAT.

Une réforme territoriale qui redéfinit les outils de gouvernance locale
Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire en République Démocratique du Congo, les dispositifs locaux de gestion des espaces ruraux connaissent une phase importante de réajustement institutionnel. Parmi les principaux enjeux figure la place des Plans de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN), largement développés ces dernières années dans le cadre des programmes de développement rural, de conservation et de gouvernance communautaire.
Bien qu’ayant permis de structurer localement certaines dynamiques de gestion participative des ressources naturelles, les PGRN ne figurent pas explicitement parmi les instruments reconnus par le nouveau cadre légal de l’aménagement du territoire. Cette situation soulève désormais la nécessité de réfléchir à leur adaptation ou à leur conversion en Plans Simples d’Aménagement du Territoire (PSAT), outils désormais appelés à jouer un rôle central dans la planification spatiale locale.
Au-delà d’une simple question technique, cette transition interroge la capacité des réformes territoriales à préserver les acquis communautaires déjà construits sur le terrain, tout en assurant leur conformité avec les nouvelles orientations nationales de gouvernance foncière et territoriale.
Un atelier multi-acteurs pour harmoniser les approches méthodologiques
C’est dans cette perspective que le Fonds National REDD (FONAREDD), en collaboration avec le WWF, l’UNOPS et plusieurs partenaires techniques, a organisé le 30 avril 2026 à Kinshasa un atelier de cadrage méthodologique consacré à la mise en place des PSAT et à la conversion des PGRN dans le cadre du Programme Intégré REDD+ Plateau (PIREDD-Plateau).
Organisée dans la salle des réunions du WWF-RDC, la rencontre a réuni des représentants du FONAREDD, du WWF, de l’UNOPS, de l’Agence Nationale d’Aménagement du Territoire (ANAT), de la Task-Force Aménagement du Territoire, ainsi que plusieurs agences d’exécution, experts techniques et organisations de la société civile. Dix-sept participants ont pris part aux travaux en présentiel, tandis que cinq autres y ont participé à distance.
L’objectif principal de l’atelier était d’harmoniser les approches méthodologiques relatives à l’élaboration des PSAT, tout en examinant les modalités de valorisation des acquis issus des PGRN déjà élaborés dans les zones d’intervention du programme.
Entre continuité communautaire et exigences institutionnelles
Au cours des travaux, le WWF a rappelé les objectifs du programme, notamment l’intégration des dimensions environnementales, sécuritaires et de gouvernance dans les outils de planification territoriale.
Sous la facilitation du Secrétariat Exécutif du FONAREDD, l’organisation AGREN a présenté un projet de note méthodologique relatif à la conversion des PGRN en PSAT, mettant en évidence les convergences mais également les différences structurelles entre les deux instruments.
Les échanges ont montré que la réflexion dépasse largement le cadre administratif. Pour plusieurs participants, l’enjeu principal consiste à éviter que les futurs PSAT ne soient conçus comme de simples outils réglementaires déconnectés des réalités locales. Les PGRN constituent aujourd’hui des référentiels importants pour de nombreuses communautés rurales, notamment en matière de gestion des espaces agricoles, forestiers et coutumiers.
La question centrale devient donc celle de l’articulation entre les dynamiques communautaires déjà existantes et les nouveaux impératifs de structuration territoriale imposés par la réforme nationale.
Des défis techniques et fonciers au cœur des discussions
Les participants ont également identifié plusieurs défis susceptibles d’influencer la réussite du processus. Parmi les préoccupations soulevées figurent notamment la qualité et l’actualisation des données territoriales, le choix des outils cartographiques, la gestion des conflits locaux ainsi que la sensibilité des questions foncières dans les processus de consultation communautaire.
Les discussions ont insisté sur la nécessité d’adopter une communication claire et adaptée aux communautés locales afin d’éviter les incompréhensions autour des nouveaux outils de planification. Dans plusieurs territoires, les enjeux fonciers demeurent particulièrement sensibles et peuvent rapidement devenir des facteurs de tensions si les mécanismes de concertation ne sont pas suffisamment inclusifs.
Les échanges ont également mis en lumière l’importance d’une meilleure coordination entre les différents programmes intervenant sur les mêmes espaces, afin d’éviter les chevauchements méthodologiques et les incohérences dans les données produites.
Une approche pragmatique saluée par les experts
Parmi les temps forts de l’atelier figurent les discussions approfondies sur les défis méthodologiques, la mise en avant des enjeux de gouvernance locale ainsi que la fixation d’un calendrier pour la poursuite des travaux.
Le Professeur Kabamba Kabata, Directeur Chef des Services et Expert Senior de la Task-Force Aménagement du Territoire, a salué l’initiative portée par le FONAREDD et ses partenaires tout en plaidant pour une approche pragmatique fondée sur la capitalisation des acquis existants.
Selon lui, « il serait préférable d’aborder l’élaboration des Plans Simples d’Aménagement du Territoire (PSAT) en considérant les données des Plans de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN) actualisées au niveau communautaire comme des acquis, plutôt que de chercher à convertir les PGRN en PSAT ».
Cette position traduit une orientation de plus en plus partagée dans les débats actuels sur la gouvernance territoriale : celle d’une réforme progressive capable de s’appuyer sur les expériences locales déjà éprouvées plutôt que de substituer entièrement les dispositifs existants.
Des perspectives orientées vers la sécurisation foncière et la gouvernance territoriale
À l’issue des travaux, plusieurs résultats immédiats ont été enregistrés, notamment une harmonisation accrue de la compréhension méthodologique entre les parties prenantes, l’identification des principaux défis techniques et organisationnels ainsi qu’un engagement collectif à finaliser la note méthodologique dans les délais convenus.
Les participants ont également convenu d’organiser une séance spécifique consacrée à la sécurisation foncière, thématique considérée comme essentielle dans le processus de mise en œuvre des futurs PSAT.
Parmi les recommandations formulées figurent notamment le renforcement des équipes de terrain, l’amélioration du partage des données entre programmes, l’intégration des organes locaux de gouvernance territoriale ainsi qu’une meilleure prise en compte des évolutions doctrinales liées à la foresterie communautaire et à la gouvernance foncière.
Le FONAREDD au cœur des dynamiques de coordination territoriale
À travers cette initiative, le FONAREDD confirme son rôle de plateforme de coordination stratégique des réformes territoriales et environnementales en République Démocratique du Congo. Dans un contexte où les enjeux climatiques, fonciers et de développement local deviennent de plus en plus interdépendants, l’harmonisation des outils de planification apparaît comme une condition essentielle pour renforcer la cohérence des interventions sur le terrain.
L’atelier de Kinshasa marque ainsi une étape importante dans la réflexion nationale sur l’avenir des outils locaux de gouvernance des ressources naturelles et leur intégration dans le nouveau dispositif institutionnel de l’aménagement du territoire.

Aménagement du territoire en RDC : une table ronde nationale pour renforcer la coordination entre le pouvoir central et les provinces

Kinshasa, 6 mai 2026 – Le Fonds National REDD (FONAREDD) a pris part à la table ronde nationale consacrée aux défis de l’aménagement du territoire, organisée du 4 au 5 mai 2026 à l’Hôtel du Fleuve, dans la salle Panorama, à Kinshasa/Gombe.
Ces assises, organisées par le Ministère de l’Aménagement du Territoire avec l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment le PNUD, CAFI, WRI, ONU-Habitat, la GIZ, le RFM et le GTRC, ont réuni plus de 250 participants issus du Gouvernement central, des Gouvernements provinciaux, des établissements publics sous tutelle, de la société civile, du secteur privé ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Ouverte officiellement par la Première Ministre, cette rencontre de haut niveau visait à renforcer l’engagement commun entre le pouvoir central et les provinces afin de relever les défis majeurs de l’aménagement du territoire et de promouvoir un développement spatial équilibré et intégré en République démocratique du Congo.
Des échanges stratégiques pour une meilleure gouvernance territoriale .
Durant deux jours, les participants ont mené des échanges approfondis sur les enjeux liés à la planification spatiale, à la gestion des espaces et à la gouvernance territoriale.
Les discussions ont mis en évidence plusieurs défis persistants, notamment les disparités territoriales entre provinces, le déficit d’infrastructures, la fragmentation des interventions sectorielles ainsi que l’absence d’outils efficaces de planification et de zonage.
Dans son intervention, le Ministre de l’Aménagement du Territoire a rappelé le cadre légal régi par la Loi n°25/045, soulignant la nécessité d’une coordination renforcée entre le pouvoir central, les provinces et les entités territoriales décentralisées pour garantir une mise en œuvre cohérente des politiques d’aménagement du territoire.
Le FONAREDD met en lumière les réformes territoriales et environnementales

Un temps fort des travaux a été consacré à la présentation du FONAREDD, assurée par son Secrétaire Exécutif National, M. Bavon N’sa Mputu Elima. Celui-ci a présenté l’évolution du processus REDD+, les réformes en cours ainsi que l’apport du Fonds à l’aménagement du territoire en République Démocratique du Congo.
Prenant la parole au cours des travaux, le Secrétaire Exécutif National du FONAREDD a insisté sur la nécessité d’une approche coordonnée des réformes territoriales.
« La RDC ne pourra atteindre ses objectifs de développement durable sans une planification spatiale cohérente capable de réduire les disparités territoriales et de sécuriser les investissements publics », a déclaré Bavon N’sa Mputu Elima.
Le FONAREDD a notamment mis en avant son appui au financement des outils de planification spatiale, à la réduction des disparités territoriales ainsi qu’à la cohérence entre les investissements publics, la conservation des forêts et le développement local, à travers plusieurs programmes, notamment le Programme d’Appui à la Réforme de l’Aménagement du Territoire (PARAT), le PAAJ et les Programmes Intégrés REDD+ (PIREDD).
À cette occasion, le Secrétaire Exécutif National a formulé plusieurs recommandations clés, portant notamment sur :
– La mobilisation des acteurs pour la finalisation des jalons du PARAT,
– La cohérence entre les cadres juridiques relatifs à l’aménagement du territoire, au foncier et à l’urbanisme,
– Aini que l’intégration de ces réformes dans un programme global dans le cadre de la deuxième phase du partenariat Gouvernement–CAFI.
Des recommandations concrètes et une feuille de route commune
À l’issue des travaux, quatorze problématiques majeures ont été identifiées, accompagnées de trente recommandations politiques et techniques ainsi que neuf recommandations administratives.
Le Ministre de l’Aménagement du Territoire a retenu six recommandations jugées prioritaires,, parmi lesquelles :
– L’élaboration et la mise en œuvre des outils de planification spatiale ;
– La cartographie des conflits d’affectation des terres ;
– L’intégration systématique de l’aménagement du territoire dans les projets structurants ;
– Et la prise en compte des évaluations environnementales stratégiques.
La table ronde s’est conclue par l’adoption d’une feuille de route commune définissant les actions à mener à court et à moyen terme, suivie de la lecture du rapport final et de l’allocution de clôture du Ministre de l’Aménagement du Territoire.
Par sa participation active à ces assises, le FONAREDD réaffirme son engagement à accompagner les réformes de l’aménagement du territoire en RDC, en faveur d’une gouvernance foncière et spatiale durable, inclusive et cohérente avec les objectifs de développement et de préservation des forêts.

7ᵉ session ordinaire du Conseil Consultatif National des Forêts : un pas décisif vers l’adoption de la Politique Forestière Nationale

Kinshasa, 30 avril 2026 – La capitale congolaise a abrité, ce jeudi 30 avril 2026, la 7ᵉ session ordinaire du Conseil Consultatif National des Forêts (CCNF), une rencontre stratégique marquant une avancée majeure dans le processus de gouvernance forestière en République Démocratique du Congo.
Organisée par le Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), cette session s’est tenue conformément aux dispositions du Code forestier et du décret n°23/11 du 03 mars 2023 portant organisation et fonctionnement du CCNF. Elle avait pour objectif principal d’émettre un avis et de valider le document de la Politique Forestière Nationale (PFN), tout en faisant le point sur l’état de mise en œuvre de la feuille de route relative à la révision du Code forestier.
Une participation inclusive et multisectorielle
La session a réuni près de 80 participants, représentant un large éventail d’acteurs clés du secteur forestier et environnemental : institutions publiques, autres ministères sectoriels, établissements publics, secteur privé forestier, organisations de la société civile, universités, partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentations diplomatiques et des ONG nationales et internationales.
Après l’exécution de l’hymne national, marquant l’ouverture solennelle des travaux, la vérification du quorum a confirmé une forte mobilisation des membres statutaires du CCNF, témoignant de l’importance accordée à cette étape cruciale du processus.
Une étape clé pour la Politique Forestière Nationale

son allocution d’ouverture, Madame la Ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, Présidente du CCNF, a souligné que cette 7ᵉ session constitue « une étape décisive dans l’engagement du Gouvernement à doter la RDC d’une Politique Forestière Nationale moderne, cohérente et concertée », inscrite dans la vision du Président de la République en matière de lutte contre la pauvreté et les changements climatiques.

Élaborée selon une approche participative et inclusive, la Politique Forestière Nationale a fait l’objet de consultations provinciales avant d’être validée techniquement lors d’un atelier national tenu à Kinshasa du 02 au 04 avril 2026. Les conclusions de cet atelier ont été présentées aux membres du CCNF, suivies de riches échanges et de recommandations portant notamment sur les références scientifiques, les interactions entre les écosystèmes forestiers et les ressources en eau, ainsi que sur certaines définitions clés liées au domaine forestier.
Validation sous réserve et perspectives

À l’issue des discussions, le document de la Politique Forestière Nationale a été validé à main levée, sous réserve de l’intégration des recommandations formulées par les membres du Conseil. Ces contributions, qui seront transmises par écrit en précisant les sections concernées, visent à renforcer la qualité et la cohérence du document avant son soumission prochaine au Conseil des ministres.
Par ailleurs, une communication spécifique a porté sur l’état d’avancement de la feuille de route pour la révision du Code forestier. Celle-ci a été actualisée afin de préciser les ressources financières déjà mobilisées et les besoins restant à couvrir. Les membres du CCNF ont validé cette feuille de route réaménagée, tout en identifiant les principaux risques liés à la disponibilité des financements et aux contraintes de calendrier. Un appel a été lancé aux partenaires techniques et financiers afin d’appuyer la mise en œuvre de cette réforme structurante.
Un engagement collectif pour une gestion durable des forêts

En clôturant les travaux, la Ministre de l’Environnement a salué l’engagement des membres du CCNF ainsi que l’appui constant des partenaires techniques et financiers, rappelant que la mise en œuvre effective de la Politique Forestière Nationale et la révision du Code forestier constituent des leviers essentiels pour une gestion durable, inclusive et responsable des forêts de la RDC.
Cette 7ᵉ session ordinaire du CCNF confirme ainsi le rôle central de cette instance consultative dans l’orientation des politiques publiques forestières et environnementales, au service du développement durable et de la lutte contre le changement climatique.

PIREDD Plateau : une mission stratégique au cœur des territoires pour accélérer l’impact REDD+

Du 21 au 28 avril 2026, le Secrétariat Exécutif du FONAREDD a conduit une mission de suivi du Projet Intégré REDD+ du Plateau (PIREDD Plateau) dans les territoires de Bolobo, Yumbi et Mushie, le long de l’axe Malebo.
Le SE-FONAREDD y a été représenté par Ir. Zacharie Kalume N’Kohwa, Officier de Programmation, chargé d’assurer le suivi rapproché des activités du PIREDD Plateau, aux côtés des partenaires de mise en œuvre, notamment UNOPS et WWF.
Chiffres clés de la mission
– 8 jours de mission sur le terrain
– 3 territoires couverts : Bolobo, Yumbi et Mushie
– Plusieurs parties prenantes mobilisées : FONAREDD, UNOPS, WWF, ALE, services techniques, CLD
– 5 types d’initiatives majeures observées : carbonisation améliorée, pépinières, agriculture, agroforesterie, mise en défens
– Des dizaines de communautés rencontrées le long de l’axe Malebo
Une mission au plus près des réalités locales
Cette mission s’inscrit dans la volonté du FONAREDD de maintenir un pilotage ancré dans les réalités du terrain. Elle a permis non seulement de suivre l’évolution des activités, mais aussi de renforcer le dialogue direct avec les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet.
Des séances de travail ont été organisées avec :
– Les autorités territoriales ;
– Les services techniques sectoriels ;
– Les Agences Locales d’Exécution (ALE) ;
– Les Comités Locaux de Développement (CLD) ;
– Les communautés bénéficiaires.

Ces échanges ont permis d’affiner la compréhension des dynamiques locales, d’identifier les bonnes pratiques et de consolider les mécanismes de coordination entre les parties prenantes.



Des réalisations concrètes qui transforment progressivement les territoires
Les descentes sur le terrain ont mis en évidence des avancées significatives dans la mise en œuvre des activités du PIREDD Plateau. Plusieurs initiatives structurantes ont été observées, notamment :
– La diffusion de fours de carbonisation améliorés, contribuant à une production énergétique plus efficiente ;
– Le développement de pépinières de palmiers à huile, soutenant les filières agricoles locales ;
– La multiplication de semences de manioc, essentielle pour renforcer la sécurité alimentaire ;
– L’installation de systèmes agroforestiers associant Acacia et cultures vivrières ;
– La mise en défens de zones de savanes, favorisant la régénération naturelle des écosystèmes.
Ces actions traduisent une transformation progressive des pratiques locales vers des modèles de production plus durables, conciliant développement économique et préservation des ressources naturelles.
Une dynamique communautaire solide et encourageante
L’un des enseignements majeurs de la mission réside dans le niveau d’engagement des communautés locales et des structures d’appui. Les CLD, les ALE et les services techniques démontrent une implication active dans la mise en œuvre et le suivi des activités.
Les outils de collecte de données, notamment numériques, sont globalement bien maîtrisés, permettant un suivi régulier et structuré des interventions.
Les bénéficiaires rencontrés ont exprimé une appréciation globalement positive des actions entreprises, en particulier :
– Les appuis techniques et matériels ;
– Les initiatives liées aux Paiements pour Services Environnementaux (PSE) ;
– Les activités de reboisement et de gestion durable des terres.
« Les résultats observés sur le terrain traduisent une appropriation progressive des activités par les communautés. Cette dynamique est essentielle pour garantir la durabilité des actions engagées et renforcer l’impact du PIREDD Plateau. » Ir. Zacharie Kalume N’Kohwa, Officier de Programmation, SE-FONAREDD.
Des ajustements en cours dans une logique d’amélioration continue
Dans une perspective de renforcement de la performance globale du programme, la mission a permis de mettre en évidence certains axes d’optimisation.
Parmi ceux-ci :
– La poursuite des efforts visant à améliorer la fluidité des mécanismes de paiement liés aux PSE ;
– Le renforcement progressif des capacités organisationnelles de certaines structures locales ;
– L’optimisation des dispositifs de coordination et de planification opérationnelle.
Ces éléments s’inscrivent dans une démarche d’amélioration continue, portée de manière concertée par l’ensemble des partenaires.
Prochaines étapes : consolider, accélérer et sécuriser les acquis
À l’issue de cette mission, plusieurs orientations stratégiques se dégagent pour la poursuite de la mise en œuvre du PIREDD Plateau :
– Renforcer les capacités locales afin de garantir une appropriation durable des interventions ;
– Optimiser les mécanismes financiers, notamment en améliorant la prévisibilité des paiements PSE ;
– Intensifier le suivi-évaluation pour un pilotage plus précis et réactif des activités ;
– Capitaliser et diffuser les bonnes pratiques pour favoriser leur réplication ;
– Renforcer la coordination entre partenaires pour maximiser l’impact global du programme.
Dans cette dynamique, une étape déterminante concerne la mission d’évaluation indépendante commissionnée par le FONAREDD. Celle-ci permettra d’apprécier de manière objective les performances du projet et de soutenir le processus de validation du paiement de la deuxième partie de la deuxième tranche de financement.
Ce dispositif contribuera à renforcer la transparence, la redevabilité et l’alignement des résultats avec les objectifs du programme.
Un engagement réaffirmé pour des résultats durables
Les constats issus de cette mission confirment que le PIREDD Plateau évolue sur une trajectoire encourageante, marquée par des avancées concrètes et une implication accrue des communautés.
À travers ce suivi rapproché, le FONAREDD réaffirme son engagement à promouvoir des interventions intégrées, efficaces et durables, contribuant à la lutte contre la déforestation et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
