


Kinshasa, 10 avril 2026 –L’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives en République Démocratique du Congo (ITIE-RDC), a organisé du 9 au 10 avril 2026, à Kinshasa, un atelier de sensibilisation des parties prenantes sur la Norme ITIE et le cadre légal, consacré à l’intégration du secteur forestier dans le champ de divulgation de l’ITIE.

Le FONAREDD a pris part à ces travaux en sa qualité de coordination des investissements du portefeuille REDD+, conformément à son mandat d’appui à la gouvernance forestière et climatique en République Démocratique du Congo.
Une avancée stratégique pour la gouvernance des ressources forestières
Cette activité s’inscrit dans le cadre du Programme d’Appui à l’Atteinte des Jalons (PAAJ), mis en œuvre au titre de la Lettre d’Intention n°2 (LoI2) signée entre la RDC et l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI), notamment au titre du Produit 6.1 – Jalon 4.I, relatif au renforcement de la gouvernance forestière et climatique.
Les échanges ont mis en lumière une évolution majeure : l’élargissement des exigences de transparence et de redevabilité au secteur forestier, jusque-là centrées sur les secteurs minier, pétrolier et gazier.
Un tournant stratégique pour la gouvernance forestière
À l’ouverture de l’atelier, le FONAREDD a souligné que l’intégration du secteur forestier dans la Norme ITIE constitue une évolution majeure dans la gouvernance des ressources naturelles en République Démocratique du Congo. Cette démarche traduit la volonté d’élargir les exigences de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance au-delà des secteurs minier, pétrolier et gazier, vers les ressources forestières.
Le FONAREDD a rappelé que la forêt, en tant que patrimoine naturel et source de richesse nationale, doit désormais être considérée comme une ressource extractive soumise aux mêmes obligations de transparence, afin de garantir que les bénéfices tirés de son exploitation et de sa conservation contribuent effectivement au développement local et national.
À cet effet, l’intégration du secteur forestier à l’ITIE vise à renforcer la visibilité des flux financiers, à lutter contre l’opacité et à promouvoir une gestion responsable des ressources forestières, y compris celles liées aux crédits carbone et à la préservation de la biodiversité.
Un tournant éthique et économique pour le secteur forestier
Intervenant au nom de l’assistance technique du PAAJ, Me Dominique Wemo a souligné que :
« Cette intégration n’est pas seulement une évolution technique, mais un tournant éthique et économique majeur. La forêt, patrimoine vivant, doit être reconnue comme une ressource extractive au même titre que l’or ou le cuivre, exigeant le même niveau de transparence et de redevabilité. »
Dans cette perspective, l’intégration du secteur forestier dans l’ITIE vise à « jeter une lumière sur des zones longtemps restées dans l’ombre », notamment en ce qui concerne les flux financiers liés à l’exploitation du bois, aux crédits carbones et à la préservation de la biodiversité.
Le FONAREDD a également insisté sur la nécessité de garantir que les revenus issus de la conservation profitent effectivement aux communautés locales et aux peuples autochtones pygmées, en première ligne dans la protection des forêts.
Vers une gouvernance responsable et inclusive
L’intégration du secteur forestier dans la Norme ITIE marque ainsi le passage « d’une gestion de cueillette à une gouvernance de responsabilité », où chaque ressource exploitée doit se traduire par des retombées visibles pour les populations, notamment en termes d’infrastructures sociales et de développement local.
Renforcement des capacités des acteurs du secteur
L’atelier a réuni plus de quarante participants issus des administrations publiques, du secteur privé et extractif, des exploitants forestiers artisanaux, des organisations de la société civile, ainsi que les communautés locales et peuples autochtones.
Les travaux ont porté notamment sur :
Le Secrétariat Technique de l’ITIE-RDC a, pour sa part, rappelé l’importance de la fiabilité et de l’exhaustivité des données pour garantir une gestion transparente et bénéfique des ressources naturelles.
Des résultats attendus à l’échelle nationale
À travers le programme PAAJ, le FONAREDD vise à renforcer les capacités de 450 acteurs du secteur forestier à l’échelle nationale.
Cet objectif traduit une volonté commune d’améliorer la production de données conformes aux standards ITIE et d’améliorer la qualité des rapports sectoriels, afin de mieux lutter contre les pratiques illégales et la corruption.
Les participants ont salué cette initiative, considérée comme une étape déterminante pour répondre aux défis de gouvernance du secteur forestier, marqué par sa complexité et les enjeux liés à la lutte contre les pratiques illégales et la corruption.
Perspectives
À l’issue de l’atelier, les parties prenantes ont recommandé la poursuite des actions de sensibilisation et de renforcement des capacités.
Le FONAREDD a réaffirmé son engagement à accompagner ce processus, en étroite collaboration avec l’ITIE-RDC et l’ensemble des acteurs concernés, en vue de promouvoir une gouvernance forestière transparente, responsable et inclusive en République Démocratique du Congo.