Le FONAREDD et l’ANAT renforcent leur collaboration pour accélérer l’opérationnalisation de la planification territoriale au service de la REDD+ en RDC

 

Kinshasa, 13 février 2026 – Le Secrétariat Exécutif du Fonds National REDD (SE-FONAREDD) et l’Agence Nationale de l’Aménagement du Territoire (ANAT) ont tenu une réunion d’échanges stratégiques consacrée à l’intégration opérationnelle de la planification territoriale dans la mise en œuvre des Projets Intégrés REDD+ en République Démocratique du Congo.

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Cette concertation a permis d’aligner les orientations techniques relatives à la validation des outils d’aménagement du territoire, de convenir du partage des données territoriales disponibles au SE-FONAREDD et de réaffirmer la nécessité d’un cadre permanent de coordination pour sécuriser spatialement les investissements REDD+.

 

Un dialogue stratégique au service de la gouvernance foncière

 

 

Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de renforcement de la gouvernance de l’utilisation des terres et de sécurisation des investissements climatiques soutenus par le partenariat RDC–CAFI. Les discussions ont porté sur les modalités de validation réglementaire des Plans Simples, Locaux et Provinciaux d’Aménagement du Territoire, ainsi que sur l’harmonisation des référentiels cartographiques et la structuration d’un mécanisme conjoint de concertation technique.

 

La planification territoriale comme levier de performance REDD+Un échange stratégique pour harmoniser les outils territoriaux

 

 

Au cours de la séance, le Secrétaire Exécutif National Adjoint du FONAREDD, le Professeur Faustin Boyemba Bosela, a souligné que la planification de l’utilisation des terres constitue un levier structurant pour la performance des investissements REDD+, en permettant de réduire les conflits d’usage, d’orienter les activités productives vers des zones à faible pression forestière et de sécuriser les droits des communautés locales. Son intégration dans les processus décisionnels provinciaux et locaux contribue à améliorer la cohérence spatiale des interventions et la durabilité des résultats en matière de réduction de la déforestation.

 

Il a également mis en avant les efforts déjà entrepris pour garantir l’implication des autorités provinciales et locales ainsi que des communautés dans les processus de planification., Il a rappelé que le renforcement des capacités du ministère en charge de l’aménagement du territoire grâce à l’appui du partenariat RDC–CAFI, contribue à améliorer la qualité technique des outils élaborés et leur appropriation institutionnelle.

 

L’exigence d’application rigoureuse du cadre légal de l’aménagement du territoire

 

Madame Carine Oniemba, Directrice Générale de l’ANAT, a insisté sur la nécessité de veiller à l’application rigoureuse des dispositions de la loi n°25/045 du 1er juillet 2025 relative à l’aménagement du territoire. Elle a rappelé que la validation officielle des Plans Simples, Locaux et Provinciaux d’Aménagement du Territoire constitue une étape déterminante pour leur conférer un caractère opposable et garantir leur mise en œuvre effective à tous les niveaux de gouvernance.

 

Elle a souligné que l’approbation réglementaire de ces outils, conformément aux procédures prévues par la loi, conditionne leur intégration dans les processus de planification sectorielle, de gestion foncière et de programmation des investissements publics et privés, renforçant ainsi la sécurité juridique des interventions sur le territoire.

 

Le rôle d’appui du SE-FONAREDD dans l’opérationnalisation des organes consultatifs

 

 

L’effectivité des procédures de validation repose sur la mise en place des Conseils provinciaux et locaux d’aménagement du territoire. À cet effet, le SE-FONAREDD apporte un appui technique à leur installation à travers le Programme d’Appui à l’atteinte des jalons (PAAJ). Cette démarche vise à rendre opérationnelles les instances consultatives prévues par la loi, condition préalable à l’approbation des plans dans les juridictions concernées.

 

Le partage des données territoriales comme fondement de la planification intégrée

 

Les deux institutions ont convenu de l’importance de mutualiser les données territoriales disponibles afin de disposer d’un référentiel cartographique harmonisé. La base de données consolidée au niveau du SE-FONAREDD sera mise à la disposition de l’ANAT dans le cadre du mécanisme de collaboration technique en cours de structuration, afin de faciliter l’alignement spatial des projets REDD+ et d’améliorer la cohérence des décisions d’affectation des terres.

 

Les échanges ont permis de réaffirmer la nécessité d’un cadre permanent de concertation technique entre le SE-FONAREDD et l’ANAT pour assurer le suivi de l’intégration des plans dans les processus provinciaux de développement et dans la programmation des investissements REDD+. Ce dispositif vise à renforcer la transparence dans la gestion foncière, la cohérence des interventions et la redevabilité des résultats.

 

 

 

La Directrice Générale de l’ANAT a indiqué que l’organisation d’un atelier multipartite destiné à la diffusion de la mission de l’ANAT auprès des partenaires de mise en œuvre interviendra selon le calendrier institutionnel de l’ANAT.

 

Une contribution structurante aux objectifs climatiques nationaux

 

L’opérationnalisation progressive des outils d’aménagement devrait permettre de limiter les conflits d’usage, de sécuriser les investissements agricoles durables et d’orienter les activités économiques vers des zones compatibles avec les objectifs de conservation, contribuant ainsi à l’atteinte des objectifs nationaux de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts.

 

« L’intégration effective des outils d’aménagement du territoire dans les projets REDD+ constitue une condition essentielle pour améliorer la cohérence spatiale des investissements et garantir des résultats durables en matière de réduction de la déforestation », a déclaré le Professeur Faustin Boyemba Bosela.

 

En tant que mécanisme national de financement REDD+, le FONAREDD assurera le suivi de l’intégration des outils de planification dans les projets financés, en cohérence avec les exigences du partenariat RDC–CAFI, notamment en ce qui concerne l’installation des organes consultatifs d’aménagement du territoire, l’approbation des plans et l’utilisation de la base de données territoriale partagée.

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Rôle des CPAT et CLAT

 

Les Conseils provinciaux et locaux d’aménagement du territoire sont des organes consultatifs prévus par la loi n°25/045. Ils émettent des avis techniques préalables à l’approbation des plans d’aménagement et assurent la concertation entre les administrations sectorielles, les entités territoriales décentralisées et les parties prenantes locales. Leur installation effective constitue une étape essentielle pour la validation réglementaire des outils de planification.

 

Cette rencontre d’échanges stratégiques marque une étape importante vers le renforcement de la coordination institutionnelle entre le SE-FONAREDD et l’ANAT, en vue d’améliorer la cohérence spatiale des investissements REDD+, la sécurité foncière et la gouvernance durable des terres en République Démocratique du Congo.

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