


Un atelier stratégique organisé à Kinshasa
Un atelier technique stratégique consacré à la révision du Niveau d’Émissions de Référence des Forêts (NERF/NRF) s’est tenu le 27 janvier 2026 à Kinshasa, à l’initiative du Ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat (MED‑NEC). Cette rencontre marque le début formel d’un processus national majeur qui aura des implications méthodologiques, financières et politiques pour la mise en œuvre du dispositif REDD+.

Un chantier technique à fort enjeu climatique et financier
Le NERF constitue la base de calcul des réductions d’émissions forestières reconnues à l’échelle internationale. Il conditionne notamment l’accès aux paiements basés sur les résultats REDD+. Sa révision dépasse donc un simple ajustement technique : elle engage la crédibilité du pays, la qualité de ses données forestières et sa capacité à mobiliser des financements carbone. L’atelier a réuni une cinquantaine de participants issus de la DIAF, de la DDD, du Secrétariat Général à l’Environnement ainsi que de plusieurs partenaires techniques et financiers, avec une forte implication des experts nationaux.
Objectifs et enjeux du processus de révision
L’objectif principal de l’atelier était de lancer les travaux préparatoires à la révision du NERF. Les échanges se sont appuyés sur les premières analyses du Système National de Surveillance des Forêts (SNSF), de l’Inventaire Forestier National et des initiatives REDD+ existantes. Il s’agissait d’identifier les besoins techniques, les données nécessaires et les approches méthodologiques appropriées pour mener à bien cette révision. La rencontre visait également à mobiliser l’ensemble des parties prenantes et à clarifier les étapes techniques du processus.

Diagnostic critique du NERF initial : premières limites identifiées
Les discussions ont débuté par un diagnostic approfondi du premier NERF. Les experts de la DIAF et de la DDD ont mis en évidence plusieurs limites, notamment des incertitudes dans certaines séries de données, des incohérences cartographiques, des hypothèses allométriques trop génériques, une couverture partielle des catégories d’utilisation des terres et des besoins d’harmonisation entre données satellites et inventaires. Ces constats orientent les priorités vers une amélioration de la précision cartographique, de la qualité des facteurs d’émission et de la traçabilité méthodologique.

Alignement méthodologique avec les standards internationaux
Les participants ont rappelé la nécessité d’un alignement strict avec les directives du GIEC pour les inventaires d’émissions. Les échanges ont porté sur les méthodes recommandées, les exigences de transparence, la reproductibilité des calculs et la gestion des incertitudes. Une attention particulière a été accordée au choix d’équations allométriques adaptées aux types forestiers nationaux, à la mise à jour des facteurs d’émission, à la documentation complète des chaînes de traitement et à la compatibilité avec le SNSF, la Stratégie‑Cadre REDD+ et la CDN.
Des données disponibles, mais un besoin de consolidation
Les participants ont souligné la disponibilité de plusieurs atouts techniques, notamment les données de l’Inventaire Forestier National, les avancées du SNSF, les compétences des équipes nationales et l’expérience issue des projets REDD+. Toutefois, un travail de consolidation reste indispensable, incluant le nettoyage des bases de données, la standardisation des formats, le croisement entre inventaire et télédétection, l’amélioration des métadonnées et la mise en place de protocoles d’archivage et d’audit.
Élaboration d’une feuille de route détaillée
À l’issue des analyses, une feuille de route structurée a été élaborée. Elle définit les étapes du processus de révision, les lacunes méthodologiques à combler, les données essentielles à mobiliser, les responsabilités techniques, les ressources nécessaires et le calendrier prévisionnel. Ce document constituera le cadre de référence qui guide désormais la mise en œuvre opérationnelle des prochaines phases.
Perspectives : une révision à haute valeur stratégique
La révision du NERF représente un chantier structurant pour le système climatique forestier de la RDC. Au‑delà de la mise à jour méthodologique, elle vise à renforcer la crédibilité internationale du pays, à améliorer la robustesse scientifique des estimations, à réduire les incertitudes techniques et à optimiser le potentiel de paiements carbone. Elle constitue également une opportunité majeure de renforcement durable des capacités nationales. Le processus entre maintenant dans une phase opérationnelle, centrée sur la consolidation des données et la finalisation des options méthodologiques.